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TORTURES ET SUPPLICES

 

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. INTRODUCTION    

. DEFINITIONS ET HISTORIQUE   

. QUELQUES DATES   

. LA PERSECUTION DES CHRETIENS             

. LES SUPPLICES AUTREFOIS EN ALSACE  

. LA SORCELLERIE    

. L' EXECUTEUR DES HAUTES OEUVRES   

. LE CACHOT ET LES INTERROGATOIRES   

. LES PILORIS, CARCANS ET COLLIERS  

. LE SUPPLICE DE LA ROUE     

. LA CREMATION   

. LE CHEVALET ET L'ECARTELEMENT      

. LE SUPPLICE DU PAL 

. AUTRES MODES DE TORTURES    

. LES MOTIFS DE CONDAMNATION A MORT   

. QUELQUES ANECDOTES

. LES MASSACRES REVOLUTIONNAIRES  

. LA GUILLOTINE ET LES GUILLOTINES    

. LES GUILLOTINES D’ALSACE ET DES VOSGES  

. FRANCISCO DE GOYA Y LUCIENTES   

. LA CEINTURE DE CHASTETE     

. SOURCES   

INTRODUCTION retour menu

Pourquoi avoir voulu parler d’un tel sujet ?

Au cours de nos recherches généalogiques, nous avons rencontré de singuliers personnages, tous membres de nos familles respectives !             

Après une telle série, il fallait savoir, comprendre, connaître …

Comment étaient traités nos ancêtres lorsqu’ils étaient confrontés au système judiciaire de l’époque ? Qu’avaient-ils subit ? Comment avaient-ils été torturés ?

C’est ce que nous allons découvrir ensembles !

Âmes sensibles s’abstenir !

Vous étiez prévenus !

DEFINITIONS et HISTORIQUE  retour menu

 

 

Il est important de définir clairement la torture et les supplices, afin d'en comprendre les raisons mais aussi ses justifications dans l'histoire, en passant par la trouble et équivoque période de l'inquisition.

LA TORTURE :

La torture est un tourment physique infligé aux prévenus pour en tirer des aveux, aux condamnés pour aggraver leur peine, aux prisonniers de guerre, bref à tous ceux qui tombent entre les mains d'un vainqueur ou d'un juge impitoyable.

Tous les peuples dès l'antiquité pratiquèrent la torture avec plus ou moins de cruauté, ces pratiques, païennes à l'origine, continuèrent à régner au Moyen-âge et dans les Temps Modernes. Les tribunaux appliquaient la torture sous surveillance médicale ! Un médecin surveillait le "patient" est déclarait si la torture pouvait continuer ou devait s'arrêter... si la vie de l'accusé se trouvait en danger !

LE SUPPLICE :

En cas de délit, la justice est chargée d'appliquer une peine. Le coupable est sensé ressentir alors une souffrance. Le fait de souffrir est un véritable supplice pour celui qui l'endure... Tous les peuples, de tous les temps ont appliqué ce système en l'adaptant selon leurs croyances, leurs gouvernants, leur cruauté ou leur idées !

Car il fallut avoir l'esprit inventif et surtout "tordu" pour créer certains instruments qui n'avaient pour unique but que de faire souffrir, toujours plus, avec toujours plus de raffinements. Tout cela ressemblait plus à des pratiques sadiques qu'à des interventions pratiquées dans le cadre de la justice, qu'elle soit divine ou religieuse.

Chez les hébreux s'appliquait la loi du Talion, le fouet ou les verges, à l'extrême la lapidation, la strangulation, le feu ou la décollation. Les Perses brûlaient vifs les coupables ou les ensevelissaient vivants. Les grecs employaient la décollation, la corde ou la ciguë. Les romains décapitaient les hommes libres et crucifiaient les esclaves. Sous nos Rois, on recueillit tous ce qui se trouvait chez nos anciens et nos voisins, créant une grande variété de supplices, pour le plus grand plaisir des spectateurs, puisque publics, qui furent tous abolis à la Révolution et remplacés par la guillotine, ne conservant ainsi que la pratique de la décapitation, appelée jadis décollation.

L'INQUISITION :

Le Tribunal de l'Inquisition fut constitué en 1233 sur ordre du Pape Grégoire IX. La direction en fut confiée aux Dominicains. Son but : la recherche et la punition des hérétiques. L'hérésie était condamnée par l'église. D'un point de vue théologique on distingue : l'hérésie formelle, soit l'erreur condamnée par l'église; l'hérésie matérielle, ayant pour objet toute chose contraire à la foi; l'hérésie objective, qui est cette chose même contraire à la foi...

Plus globalement, on peut qualifier d'hérétique toute personne qui soutient, professe ou accepte quelque chose qui est estimé contraire aux dogmes de l'église et reconnu comme tel par ses représentants. Ce Tribunal possédait des pouvoirs considérables, son autorité était souveraine, absolue et indépendante, sa crainte était même ressentie par les monarques et les tous puissants évêques. L'Inquisition alliait subtilement tortures et supplices. Après avoir sévi cruellement au nom d'un Dieu de paix et d'amour et fait une multitude de victimes, son activité décrue au XVIIIème siècle pour disparaître totalement au XIXème siècle. De nos jours, tout ce que l'église condamne serait considéré comme hérésie et donc condamnable, il est préférable de ne pas chercher à imaginer le nombre de personnes qui seraient alors exécutées...

QUELQUES DATES retour menu

 

 

Jusqu'au milieu du XVIIIème siècle : le noble est décapité, le voleur de grand chemin roué en place publique, le régicide et le criminel d'état écartelés, le criminel pendu, le faux-monnayeur bouilli vif dans un chaudron, le voleur "bastonné" ou flagellé et marqué au fer rougi, les hérétiques brûlés.

Exécution à Herrlisheim de brigands et d'assassins par les troupes du Duc d'Autriche et des villes de Strasbourg, Colmar et Sélestat

( Miniature de la Spezier Chronick de Diebold Schilling )

LA PERSECUTION DES CHRETIENS retour menu

L'histoire des persécutions contre le christianisme sous les empereurs romains contient des détails révoltants. Il s'agissait d'un répugnant acharnement à faire subir tous les tourments possibles et imaginables à ces gens qui se réclamaient de Dieu et qui voulaient professer leur foi. Toutes les tortures furent appliquées aux martyrs : l'amputation des pieds et des mains, l'aveuglement, l'ablation de la langue, s'y ajoutaient les jeux sadiques : la suspension, des fouets à lanières munies de billes de plomb, des onglets de fer et des tringles de bronze déchiraient les chairs, des griffes de fer dénudaient les os, les corps étendus sur des chevalets ou des croix étaient lacérés avec des lames tranchantes, brûlés par des fers rougis, de l'huile bouillante, de la poix, de la résine ou du plomb fondu. Tout se ceci était sans compter les "prémices" dont bénéficiaient les condamnés dans leurs cachots, privations de nourritures, avilissement, viols, perversions, etc... La crucifixion était courante et ne concerna pas uniquement les chrétiens. Ces actes barbares se déroulaient la plupart du temps dans les arènes où se déroulaient les jeux du cirque, mais parfois dans les rues, sur les places publiques ou devant les domiciles des chrétiens.

Autres "raffinements" inventés par les païens pour supplicier les chrétiens : la " suspension "

A : martyr suspendu par les pieds, la tête étant en même temps broyée à  coups de marteau.

B : martyr suspendu par les mains qui sont liées derrière le dos, de lourds poids étant attachés à ses pieds et autour de son cou.

 

CRUCIFIXIONS, PENDAISONS, SUSPENSIONS, CREMATIONS

 

CRUCIFIXION, SUSPENSIONS, ETRANGLEMENTS, ECARTELEMENT

LES SUPPLICES AUTREFOIS EN ALSACE  retour menu

En 1775, Johann Andreas SILBERMANN, dans son ouvrage intitulé "Lokalgeschichte der Stadt Strasburg", énumère les supplices usité autrefois à Strasbourg, mais également applicables dans le reste de la province d'Alsace. Il nous explique aussi comment se déroulaient les exécutions et les procédures.

Ainsi, la potence ou le gibet et la décapitation par le glaive ou décollation étaient le genre de mort infligés le plus fréquemment aux criminels, mais parfois aussi aux voleurs.

 

La potence, lieu d'exécution, a généralement occupé un emplacement situé loin de l'enceinte de la ville.

 

Les cadavres étaient la proie des chiens et des charognards qui venaient les dévorer en attendant qu'on les descende, car ils restaient souvent exposés pour l'exemple.

 

Lorsque les lieux d'exécutions étaient ceints de murailles, on laissait les suppliciés suspendus jusqu'à ce que le temps et la décomposition fissent tomber leurs restes.

 

Ceux qui pourraient être tentés de commettre quelques crimes ou méfaits étaient ainsi suffisamment avertis.

Quelques exemples de supplices :

.en 1569, un blasphémateur connut d'horribles tourments. Entouré de prêtres, la corde au cou, il fut poussé à travers la ville jusqu'au lieu d'exécution. Là, il dut tracer une croix sur le sol avec le pied droit, puis il fut mis à genoux, on lui arracha la langue, puis on lui trancha la tête. La langue fut clouée à la potence, la tête plantée sur une pique fichée en terre devant la potence et le reste du corps brûlé.

. en 1670, une jeune femme reconnue coupable d'infanticide eut la tête tranchée

. en 1681, un soldat de la garnison fut roué et rompu pour avoir commis un assassinat

L'eau était aussi un élément de supplice. Certains malfaiteurs condamnés à être noyés étaient jetés du haut d'un pont, mains et pieds liés.

. en 1582, trois femmes convaincues de vol périrent ainsi

. en 1617, la fille d'un bourgeois de la ville reconnue coupable d'infanticide périt de la même manière

Ceux ayant commis des vols peu importants ou les femmes dites de mauvaise vie étaient placées dans un panier (Schandkorb), mis sur l'eau et ainsi exposées pendant une heure. Ensuite il leur fallait se jeter à l'eau pour en être retirés vivants!

Les blasphémateurs n'étaient pas systématiquement exécutés comme cela fut dit précédemment. Selon le peu de gravité, ils pouvaient être mis dans des "petites loges" et exposés à la vindicte populaire qui, au gré de leur humeur les ignorait, les insultait, leur crachait dessus ou leur jetait divers objets. Ceux ayant commis l'adultère subissaient le même châtiment, les femmes de mauvaise vie étaient parfois exposées sur des échelles.

Un autre supplice consistait à enfermer le malfaiteur dans une cage suspendue à une poulie, que l'on faisait descendre et remonter plusieurs fois, en la plongeant soit dans l'eau, soit dans la boue.

Il est aussi fait mention en 1411, d'un supplice consistant à crever les yeux du condamné, surtout s'il avait détérioré un pont ou tué du gibier. Un tisserand nommé Bawelin, fut condamné à être ébloui jusqu'à l'aveuglement, pour avoir offert de vendre son enfant à des juifs...

D'autres fois, on perçait les joues au fer rouge, on marquait le front au fer, on coupait les oreilles, on écartelait ( supplice infligé aux Bohémiens convaincus de vol ). Il arrivait d'utiliser la castration, principalement lorsqu'il s'agissait de ce que l'on qualifie de nos jours de pédophilie. Le bannissement était une peine relativement fréquente.

Parmi les supplices les plus horribles, il y avait celui d'être enterré vif ou d'être jeté dans l'huile bouillante. En 1356, une femme fut enterrée vive et en 1462, un faux-monnayeur fut brûlé dans l'huile bouillante.

Les voleurs étaient généralement condamnés à être pendus.  En parlant de l'exécution des voleurs, il convient de citer l'usage à Kaysersberg, cité par le docteur Geiler.

S'il n'y a pas de bourreau, le prévôt attache une longue corde autour du cou du voleur, la corde est passée au-dessus de la potence et tous  les membres du tribunal tirent le voleur en l'air jusqu'à étranglement. Ainsi aucun ne pourra être accusé d'être l'exécuteur.

Au XIVème et XVème siècles, il est fait mention de l'exposition au pilori, avec un collier de fer autour du cou et fustigation.

LE SUPPLICE DU COLLIER ET EXPOSITION

LA SORCELLERIE  retour menu

La sorcellerie fut une véritable épidémie aux XVIème et XVIIème siècles : le Hexenwahn a entraîné dans la mort, après de terribles supplices, d'incroyables quantités d'hommes, mais surtout de femmes, pour le simple fait d'avoir été convaincus de pratique de la sorcellerie.

 

Ce phénomène a été carrément standardisé. La procédure était toujours la même, les documents des procès semblables à chaque instruction : les aveux, "Urgicht und Bekenntnis", et la sentence " das Urteil".

 

L'exposé des aveux répond à trois aspects : l'alliance diabolique, le Diable et le sabbat, et le "maleficia", les méfaits.

Pendant des siècles, la sorcellerie avait été considérée comme une pratique inoffensive qui prêtait même à sourire. Subitement la sorcellerie s'attira les foudres de l'église ! Le 5 décembre 1484, une bulle papale décrétant le phénomène comme une hérésie fut promulguée par le Pape Innocent VIII et l'inquisition fut chargée de lancer la chasse aux sorcières.

En 1486, un ouvrage écrit par Heinrich Kramer, Grand Inquisiteur de Strasbourg et Johann Jacob Sprenger, Grand Inquisiteur de Cologne, "Malleus Maleficarum", ou "Marteau des Sorcières" fut publié et devint l'instrument infaillible de l'Inquisition pour reconnaître les sorcières !

Cet ouvrage est réputé pour être le livre le plus misogyne qui n'est jamais été écrit !

Ce fut une véritable croisade contre les femmes qui furent accusées de sorcellerie, persécutées et exécutées...

A travers l'Europe entière, mais aussi en Amérique du Nord, ce fut une véritable hystérie !

Les atrocités commises par les inquisiteurs seraient de nos jours considérées comme des crimes contre l'humanité.

Le Grand Inquisiteur Général d'Espagne, Tomas de Torquemada, aurait à lui seul fait périr 2000 hérétiques sur le bûcher.

En janvier 2000, le Pape a personnellement et publiquement demandé pardon pour les crimes commis par l'Eglise catholique pendant cette horrible période.

Nier la réalité de la sorcellerie est hérésie !

Dès lors sus aux sorcières, mais qui sont-elles : très jeunes, jeunes femmes mariées,  célibataires d'âges mûrs, mais souvent des femmes de plus de 80 ans !

Généralement une paysanne dont l'époux, quand il y en a un, est un alcoolique sans le sou, battant sa femme et ses enfants.

Lorsque sa condition lui devient intolérable, naît vis à vis des autres un climat hostile, rancunier qui conduit l'infortunée à subir son sort dans un confinement de plus en plus intolérable.

C'est alors qu'elle rencontre le Diable qui porte différents noms : Niedt, Hemmerlin, Peterlin, Blümlin, Butz, Stohbutz, Federle, Fädle, Federspiel, Kohloeffel, Graesslin, Ziegelscherb, Kaesperlin, Maennel, Hürstel, Blaettle, Grünlaeufel, Gloeckel, Rissel, Trüble, Geissbock, Videl, Winkler, Kitzel, Beltzbock, Rostich ou Böppel, etc...

Ce diable se présente sous les traits d'un proche, parfois du mari. Après la tentation, vient la séduction et les promesses de fortunes diverses en échange de faveurs charnelles. Souvent, la rencontre est arrangée par d'autres sorcières qui entraînent la novice à un sabbat. Ayant succombé, la victime est soumise au Diable qui l'incite à commettre des actes destructifs et divers maléfices.

Lors du sabbat, le Diable donne un nom à ses concubines : Zipperle, Scharzdesch, Sojfuessel, Mohr, Gützle, Aesterle, Bissel, Eizel, Elzele, Gaensfüssel, Kreutel, Hackstock, Bluemel, Kitzin ou Schiessle, etc... Celles-ci le perçoivent comme étant "statlich bekleidet", mis avec élégance, parfois comme un "Hirscher", chasseur de cerf tout de vert vêtu. Une fois les noces célébrées, " Teufelshochzeit", la victime devient sorcière. S'en suit un banquet et un bal où se déchaînent dans une débauche totale tous les individus présents. Y sont consommées d'énormes quantités de viandes et de vins, mais ni pain, ni sel, considérés comme symboles chrétiens. Pour leurs déplacements, balais, chèvres, écureuils, loups, fourches et bâtons sont souvent utilisés.

Toute sa vie durant, la sorcière devra exécuter des actes malfaisants, "maleficia", au nom du Diable, "in Teufels Namen". Lors de son initiation, elle reçoit un bâton et un onguent blanc qui est un poison mortel qu'elle essaiera de préférence sur les animaux avant que sur les hommes. Elle s'attaque souvent aux êtres faibles et aux enfants. Elle utilisera aussi herbes et plantes, animaux nuisibles, poils, cornes, peaux, excréments ou autres salissures pour préparer ses potions maléfiques. Tout cataclysme est évidemment du à un acte de sorcellerie et un coupable est rapidement trouvé.

 

Quand on connaît la procédure d'instruction de la sorcière, on comprend qu'elle soit facilement disposée à reconnaître tout ce que ses accusateurs voudront !

Une fois introduite dans la salle de torture, la sorcière découvre les instruments de supplice en même temps que lui sont expliquées les différentes phases d'application de la "question", c'est à dire, les différentes tortures qui vont lui être appliquées.

Le bourreau commence par déshabiller la suspecte pour rechercher les marques de Satan, "stigma diabolicum", puis elle enfile une sorte de bure en toile de jute. On commence par lui écraser les doigts dans un étau, les jambes étant broyées dans des "jambières", sortes de fourreaux resserrables à vis.

Sont consignés les réactions, les paroles et même les cris! Normalement, la suppliciée a reconnu être une sorcière, mais souvent le juge souhaite d'autres renseignements tels la dénonciation de complices ou d'autres sorcières. La torture recommence alors. Elongation et estrapade sont appliqués. Les bras liés dans le dos, l'inculpée est hissée au moyen d'une corde fixée aux poignets à plusieurs mètres de haut, le corps lesté de poids attachés aux pieds, poids de plus en plus lourds. Le supplice terminé, le corps est brusquement relâché pour choir dans une bassine d'eau. Le corps est rompu, déboîté, les ligaments déchirés, les chairs arrachées. Ceci se répète aussi longtemps que le décident les juges et de toutes les façons, sur plusieurs jours, plusieurs fois. La condamnée est sommairement rafistolée pour comparaître devant ses juges où elle reconnaîtra tout ce qu'ils souhaitent, pourvu que les supplices ne recommencent pas ! Elle ne bénéficiera d'aucune aide devant le tribunal.

Le verdict est prononcé devant une foule hostile, il n'y a aucun recours possible, la sanction est exécutable immédiatement. Pour ces femmes qui souffrent le martyr, c'est une délivrance que la mort qui les attend. Généralement, c'est le bûcher, avec parfois l'étranglement avant ou la perforation du

cœur. Certaines fois, en cas d'aveux spontanés ou de dénonciations, certaines fois de repentirs sincères, la condamnée a la tête tranchée, son corps étant brûlé ensuite.

REPRESENTATION D’UN BÛCHER EN 1555

Le Père Frédéric Spee de Kaiserswerth dans le Bas-Rhin a confessé de nombreuses sorcières et il a acquit la conviction qu'elles étaient innocentes et le dit en 1631 dans son ouvrage, "cautio criminalis contra sagas".

A titre d'exemple, voici comment furent exécutées certaines sorcières des environs de Sélestat :

.le 1er juin 1629, Jacques Helgenstein fut attaché à la queue d'un cheval et traîné dans les rues  jusqu'au gibet où il fut jeté en lambeaux dans le bûcher

.le 25 juin 1629, Madeleine, fille de Jean Bonis fut décapitée avant d'être brûlée

.le même jour, Rosine, femme de Henri Bilex, aubergiste du "bœuf", fut conduite au gibet par une charrette, attachée vivante sur une échelle, marquée à deux reprises par des tenailles ardentes, étranglées puis brûlée.

.le même jour, Marie fille de Rosine Bilex fut décapitée et brûlée en même temps que sa mère

.le 5 septembre 1629, Anne, 12 ans, fille de Jean Specht est étranglée en prison, compte-tenu de son bas-âge, puis son corps brûlé

.le 27 septembre 1641, Marie, femme de Michel Riegert chantait des chansons paillardes pendant qu'on la torturait, et aussi qu'on la brûlait

.le 12 février 1642, Anne, femme de Mathias Armbruster fut livrée au bûcher, mais pendant son interrogatoire, elle fit sortir 3 de ses juges de la salle et révéla que leurs femmes participaient aux sabbats, la femme du bourgmestre Barth apportait la vaisselle, celles des bourgmestres Lumann et Hermann prirent part aux orgies. Ces déclarations ne la sauvèrent pas, mais le magistrat de Sélestat décida de suspendre tout nouveau procès de sorcellerie... Entre 1629 et 1642, il y eut 91 exécutions à Sélestat, dans la seule circonscription de Strasbourg, de 1615 à 1635, plus de 5000 personnes furent condamnées.

Une question se pose ?

Lors des sabbats, le Diable imposait des relations intimes aux sorcières, mais lorsqu'il s'agissait de sorciers, comment cela se passait-il ? Pas ainsi qu'on pourrait le supposer, les sorcières racontèrent lors des interrogatoires que le Diable prenait alors l'allure d'une jeune fille au physique avenant et aux moeurs très légères qui rapidement se transformait en chèvre ou en truie...

L' EXCECUTEUR DES HAUTES OEUVRES  retour menu

Plus familièrement appelés bourreaux, ils étaient marqués par l'infamie, eux, leurs conjoints (les bourrelles) et leurs enfants. Madame Andrée Laucher fit ici même en 1992 une conférence sur "les bourreaux de nos régions", son travail d'une remarquable qualité reste une référence en la question. Souvent, il s'agissait de familles, de véritables dynasties, au sein desquelles la charge se transmettait.

Le bourreau est infâme, car "il tue contre un salaire", en outre l'office stipulait qu'il importait "que le travail fut fait à la satisfaction de la justice et du public". Pour les gens des campagnes, les bourreaux étaient appelés "Maître" et inspiraient à ceux-ci un profond respect mêlé de crainte superstitieuse, les croyant dotés de pouvoirs surnaturels.

Les revenus des bourreaux étaient complétés par d'autres sources que les exécutions : il y avait bien sur les tortures et les supplices, mais aussi les abattages de bêtes malades, l'équarissage, le privilège de riflerie (les peaux et les suifs des animaux morts qu'ils devaient enfouir), la vidange des fosses d'aisance et le droit de havage, à savoir le droit sur les marchés de prendre une poignée de tout ce qui se vendait, mais il arrivait que, du fait de son infamie, il opérait ce droit en utilisant une cuillère ou une louche !

 

Longtemps le bourreau fut le fournisseur des médecins et des étudiants en médecine à qui il vendait les dépouilles des victimes. Il faisait office de vétérinaire et rapidement il s'intéressa à la chirurgie et à la médecine, connaissant l'anatomie, il savait reconnaître le moment ou il lui fallait stopper la torture afin de ne pas perdre son sujet. Au XVIIème siècle, il obtint le droit d'exercer comme les chirurgiens, mais surtout il fut autorisé à soigner les maladies rebutantes et contagieuses.

Ci-contre, au Musée d'Unterlinden à Colmar, la vitrine renfermant les instruments du bourreau.

Ci-dessous, les tarifs applicables à Colmar au 1er octobre 1750, alors que G.-M. VOLMAR était en charge de la fonction :

. pour rouer, 60 livres

. pour brûler, 60 livres

. pour jeter les cendres au vent, 6 livres

. pour pendre, 30 livres

. pour dépendre et exposer, 15 livres

. pour enterrer, 3 livres

. pour soumettre à la question ordinaire, 7 livres

. pour carcan, fouets et marques, 15 livres

. pour percer la langue, 15 livres

. pour couper le poing, 15 livres

. pour lacérer et brûler un livre, 15 livres

 

En outre il percevait annuellement 67 livres, 6 sous et 8 deniers payés par la ville, ainsi que 4 sacs de mélange de grains, 4 d'orge, 4 cordes de bois, 150 fagots de petit bois. Il était logé par la ville et jouissait de 20 ares de vignes et de 4 prés. Pour le vidage des fosses il percevait 10 sous par nuit.

Les appellations de l'Exécuteur des Hautes Oeuvres sont nombreuses : fin du XVIème siècle en Suisse à Rheinfelden, "Balz-Meister", en Suisse ou en Alsace "Büttel" , " Bicker" ou "Biegger", à partir du XVIIIème, "Meister", mais aussi "Nachrichter", "Scharfrichter", parfois "Wasenmeister", "Halbmeister", "Schinder" ou "Abdecker". En latin, "Carnifex", "Carnificis", "Lictoris", "Minister Justicea Criminalis" ou "Executor Justicea Criminalis".

Parmi les bourreaux qui officièrent dans la région, il faut citer la famille Ostertag que l'on retrouve à Altkirch, à Ferrette, à Thann et à Landser, ainsi que les Volmar qui officièrent à Colmar. Pour de plus amples détails, il faut se reporter à la liste dressée par Andrée Laucher.

Hors de la province, il convient de citer deux autres dynastie et peut-être l'origine du nom de bourreau .

En 1260 apparaît le mot bourreau, du nom de Richard Borel, qui possédait le fief de Bellecombre et avait charge de pendre les malfaiteurs du canton.

Dynastie des Sanson : de 1688 à 1847 [6 générations : Charles, dit Charles Ier (1635-1707), Charles II (1681-1726), Charles-Jean-Baptiste (1719-78), Charles-Henri, dit le Grand (1739-1806) qui exécuta Louis XVI et céda sa place à son fils en avril 1793, Henri (1767-1840), Clément-Henri (1799-1889). Le nom de charlot fut longtemps synonyme de bourreau, d'après le prénom de plusieurs Sanson.

Dynastie des Deibler : en 1871, un décret supprima les exécuteurs de province et n'en garda qu'un seul "national" : Deibler n° 3, Louis (12-2-1823/16-9-1904) avait participé à 259 exécutions dont 154 comme exécuteur en chef de 1879 à 1898 ; il touchait 16 000 F par an dont 10 000 d'abonnement forfaitaire pour couvrir les frais d'entretien et d'installation des bois de justice. Anatole, son fils (1864-1939), participa à 395 exécutions dont 299 comme " chef " du 2-1-1899 au 2-2-1939.

 

 

LE CACHOT ET LES INTERROGATOIRES  retour menu

Généralement, le cachot devait inspirer une forme de terreur à la personne emprisonnée.

 

Situé dans le sous-sol, dans un endroit sombre et humide, infesté de rats et de vermines, occupé par toutes sortes d'individus attachés à de solides chaînes qui coulissent dans un robuste anneau fixé au mur.

 

L'humidité ambiante, les bruits, les râles, les cris de rage, de douleur ou de désespoir, tout est fait pour créer une atmosphère horrible.

 

Plusieurs jours passent généralement avant que la personne incarcérée ne soit cherchée et conduite devant ses juges pour répondre de ses actes ou certaines fois pour connaître seulement les motifs ayant conduits à son arrestation.

 

Il est quelquefois fois possible d'améliorer ses conditions de détention lorsque que l'on possède de l'argent, voir quelques biens à monnayer...

Souvent proche des cachots, la salle de torture ou l'on conduira certains individus pour l'interrogatoire, de là s'échappent les cris de douleur des suppliciés, évidemment perceptibles des cachots, ajoutant encore à l'angoisse des prisonniers qui, souvent, seront prêts à avouer n'importe quoi pour espérer échapper à la torture ou à leur misérable condition.

Une fois extirpé de son cachot on menait le prisonnier dans la salle d'interrogatoire, en fait la salle de torture.

Là, on l'effrayait en lui montrant et en lui expliquant le maniement des différents instruments de torture.

Rares étaient ceux capables de rester insensibles et de ne point défaillir à l'énumération des supplices qu'ils allaient subir !

Il était affreux d'admettre le recours à la torture pour extorquer des aveux ou des confessions, plus affreux encore qu'on les y soumit, mais ce sadisme était admis lors des interrogatoires.

Les méthodes étaient variées : la chaise à clous, l'élongation (photo ci-dessus), l'estrapade, le garrot, l'immersion, les fers brûlants, les rouleaux à épines, les tourniquets, les brodequins, les masques, les fouets, le plomb fondu et l'eau bouillante étaient les plus utilisés.

Les interrogatoires en matière de sorcellerie étaient particulièrement structurés. On subdivisait en ordinaire (l'estrapade) et en extraordinaire (dislocation des membres). Ceci bien sur n'excluait pas les tortures traditionnelles telles l'arrachage des chairs avec des pinces rougies.

SCENES DE TORTURES AU MOYEN-ÂGE

LE SUPPLICE DIT DE L'ESTRAPADE A VENISE (séance d'interrogatoire)

Récit de l'épreuve de l'estrapade de Milles de Souvigny. Paris, 1541

(extrait des Mémoires de William Lithgow)

"Je fus mis tout nu et porté sur le chevalet (il s'agissait d'un chevalet vertical posé contre le mur)  où l'on me suspendit avec deux petites cordes. Etant hissé à la hauteur voulue, mon bourreau tira mes jambes de chaque côté du chevalet, attacha une corde sur chacune de mes chevilles et tira les cordes ensuite vers le haut, obligeant mes genoux à toucher les deux planches jusqu'à ce qu'éclatent mes jarrets. Je fus ainsi pendu pendant plus d'une heure. Ensuite mon bourreau plaçant mon bras droit au dessus du gauche enroula sept fois de suite une corde autour des deux bras et se tenant sur le dos raidissant ses pieds contre mon ventre, tira de telle sorte les cordes qu'il me coupa les tendons des bras et mis mes os à nu si bien que je fus estropié pour le reste de mes jours."

CEINTURE DE SAINT - ELMO

FLEAUX

Récit du premier jour d'interrogatoire d'une femme accusée de sorcellerie à Prossneck en Allemagne, en 1629

(extrait du livre de Wilhelm Pressel, "Hexen und Hexenmeister", Stuttgart 1860)

"Le bourreau lui lie les mains, lui coupe les cheveux et la place sur l'échelle. Il lui jette de l'alcool sur la tête et y met le feu pour brûler la chevelure jusqu'aux racines. Il lui place des morceaux de soufre sous les bras et autour du cou, et les enflamme. Il lui lie les mains derrière le dos et l'élève jusqu'au plafond. Là, il la laisse suspendue pendant trois ou quatre heures jusqu'au petit déjeuner. A son retour, il lui asperge le dos d'alcool et y met le feu. Il lui attache de très lourds poids au corps et l'élève à nouveau. Après cela, il lui place le dos contre une planche hérissée de pointes acérées et la remonte une fois de plus jusqu'au plafond. Il lui comprime alors les pouces et les gros orteils à la vis et lui frappe les bras avec un bâton. Il la laisse ainsi suspendue pendant un quart d'heure jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse. Puis il lui presse les mollets et les jambes à la vis. Il la fouette ensuite avec un fouet conditionné pour la faire saigner. A nouveau, il lui place pouce et gros orteils dans les vis, de six à treize heures, pendant qu'il va manger un peu avec les officiels de la cour. Le lendemain, ils reprirent mais sans pousser les choses aussi loin que le jour précédent..."

 

 

MODELES
DE
VIS A OREILLE

à gauche plus spécialement conçue pour les doigts

à droite pour les bras et les jambes

Récit du supplice d'Urbain Grandier possédé de Loudun dans la Vienne

"Alors mes yeux commencèrent à sortir, ma bouche se mit à mousser et à écumer, et mes dents à remuer comme des baguettes de tambours. Mais en dépit de mes lèvres tremblantes, de mes soupirs, du sang jaillissant de mes bras, de mes tendons brisés, de mes jarrets et de mes genoux, ils continuèrent à frapper ma figure avec des gourdins pour arrêter mes cris de terreur. Ils me disaient sans cesse : Avoue, avoue, avoue à temps pour éviter d'horribles tourments. Mais je ne pouvais que répondre :Je suis innocent, O Jésus ayez pitié de moi ! Alors mon corps tremblant fut porté sur un chevalet plat, ma tête pendante placée dans un trou circulaire, mon ventre en l'air, mes bras et pieds ligotés, car je devais endurer les pires supplices. Ensuite des cordes furent passées sur le gras de mes jambes, le milieu de mes cuisses et de mes bras, et ces cordes furent attachées à mes chevilles. J'endurais sept tortures, chaque torture consistant en une torsion complète des chevilles. Alors le bourreau prit un pot plein d'eau dont le fond troué légèrement fut placé près de ma bouche. Au début, je l'acceptai avec joie, car je souffrais d'une soif écorchante et n'avais rien bu depuis trois jours. Mais lorsque je vis qu'il essayait de me forcer à boire, je fermai les lèvres. Ensuite on m'écarta les dents avec une paire de pinces en fer. Bientôt mon ventre commença à grogner terriblement à la manière d'un tambour, je ressentis une peine suffocante avec ma tête penchée vers le sol, l'eau regorgeant dans ma gorge, étranglant et arrêtant ma respiration. Je demeurai six heures sur ce chevalet et entre chaque application de la torture, on me questionnait pendant une demi-heure, chaque demi-heure me paraissant un enfer. Vers dix ce soir, ils m'avaient infligé soixante tortures diverses et continuèrent encore une demi-heure bien que mon corps fut couvert de sang, que je fusse percé de part en part, que mes os fussent broyés ou meurtris et en dépit de mes hurlements, de l'écume de mes lèvres, de mes lèvres et du grincement de mes dents. Aucun homme, je le jure, ne pourrait concevoir les peines que j'ai endurées ni l'anxiété de mon esprit. Quand ils m'arrachèrent du chevalet l'eau jaillit de ma bouche. Ils mirent des fers sur mes jambes brisées et je fut reconduit dans mon donjon. Chaque jour on me menaçait de tortures nouvelles si je refusais d'avouer et le gouverneur ordonna que toute la vermine de la cellule soit balayée et placée sur mon corps nu ce que me fit souffrir mille morts. Mais le guichetier venait me voir en secret, enlevait la vermine et la brûlait en tas avec de l'huile, sans cela elle m'aurait entièrement mangé et dévoré."

ECRASEUR DE POITRINE

POIRE A ORIFICES

SCIE

L'utilisation de la scie était particulièrement simple : le bourreau entamait lentement la peau, puis les chairs et ensuite les os jusqu'à ce que le condamné s'évanouisse de douleur ou avoue...

ECRASEUR DE TÊTE

Le menton repose sur le plateau inférieur, le haut de la tête est sous le chapeau. Le bourreau agit sur la poignée compressant la tête, faisant éclater littéralement les mâchoires, puis le nez, pouvant aller jusqu'à l'éclatement des tympans et des orbites.

MASQUES

Les masques enserraient et maintenaient la tête dans une rigidité qui devenait parfois insoutenable. Souvent ces masques étaient réglables, il était possible d'écraser la tête en manœuvrant les vis. Raccordés aux membres, la fatigue aidant, les douleurs étaient vite insupportables. Parfois ces masques étaient agrémentés de mécaniques obstruant les voies respiratoires ou de piques ou de pointes lacérant le visage au moindre mouvement.

Une extrémité était fixée dans le menton de la victime, l'autre sur son sternum. Le moindre mouvement de la tête faisait qu'une extrémité tournait et provoquait d'horribles souffrances.

Le condamné étendu sur le dos ou le ventre, le bourreau, tenant à deux mains la "patte de chat", déchirait la peau des victimes en lambeaux et labourait les chairs du supplicié.

FOURCHETTE HERETIQUE

PATTE DE CHAT

LE SARCOPHAGE DE NUREMBERG ou LA VIERGE DE FER

"La vierge de fer était une statue de fer de grandeur naturelle, d'une taille un peu au-dessus de la moyenne, mais posée sur un bas piédestal qui s'enfonçait ou se haussait, de manière à mettre la tête de la statue bien au niveau de la tête de l'être humain qui devait être sa victime. Les bras étaient articulés, aux épaules, aux coudes et aux poignets, les mains aux doigts écartés, crochus et acérés, demeurant à demi fermés. La victime hurlant de peur se cambrait, espérant échapper à l'étreinte. Les bras de fer resserraient leur étreinte, l'un étant resté un peu au-dessous de l'épaule gauche de la victime, l'autre étant remonté et lui enfonçant ses ongles dans le crâne, à travers les cheveux. Le sang paru, tomba par gouttes puis ruissela... En outre, des yeux de la statue, tout aussi lentement, sortait une autre pointe d'acier..."

(Extrait de "La Vierge de Fer" par Edmond Cazal)

"C'était une cage cylindrique de lames de fer brillantes maintenues par des cercles. L'intérieur en était garni de pointes acérées. On hissait l'engin au plafond à l'aide d'une poulie. On y avait enfermé le ou la supplicié. A l'aide d'un fer aigu ou un tisonnier rougi au feu, on commençait à piquer la personne qui, dans ses mouvements de recul, venait se heurter violemment contre les pointes de la cage. A chaque coup, s'épaississaient les ruisseaux de sang qui tombaient."

(Extrait de "La Comtesse Bathory" par ElricWarrior)

MODELES DE CHAISES A CLOUS

 

LE SUPPLICE DE LA CORDE

 

 

LES PILORIS, CARCANS ET COLLIERS retour menu

Les piloris étaient pour simplifier des carcans fixes. Les condamnés y étaient installés dans des postures plus ou moins outrageantes et subissaient la vindicte de la population.

MODELES DE PILORIS

CARCAN

 

L'un des supplices Roi en matière de peines infamantes était le carcan que les condamnés devaient porter durant une longue période et s'exposer ainsi au public. Le port du carcan est plutôt un supplice mineur faisant appel à l'infamie et à la moquerie.

LE COLLIER DE JUDAS

 

Le condamné est conduit à pied, les deux mains liées en devant et attachés au cul de la charrette de l'exécuteur des hautes oeuvres, jusqu'à un poteau planté dans la place publique.

 

A à ce poteau est attachée une chaîne au bout de laquelle pend un collier de fer ayant une charnière pour l'ouvrir. On fait entrer le cou et les poignets du condamné dans ce collier qu'ensuite on ferme avec un cadenas ; quelquefois il a un écriteau devant et derrière où est écrit son délit.

 

Il reste ainsi selon les termes de son jugement, plus ou moins d'heures, voir un ou plusieurs jours. Le carcan a été aboli par la loi du 28 avril 1832.

Le collier de Judas est un instrument de torture enserrant la gorge du supplicié qui est hissé grâce à un jeu de poulie et relâché brutalement sur un billot conique qui progressivement lui broie les os du bassin ou simplement assis sur le cône avec des poids attachés aux membres qui le tirent vers le bas, occasionnant ainsi les mêmes dégâts...

LE SUPPLICE DE LA ROUE retour menu

LA ROUE

A nous, la roue peut sembler être un dispositif ordinaire en bois destiné à déplacer par exemple un chariot. Ce supplice a connu des applications diverses et variées. Au Moyen-âge, la roue était un des supplices les plus répandu qui favorisait la terreur.

Après avoir subit la " rupture " avec la roue, le condamné ressemblait plus à une marionnette, une sorte de monstre gluant de sang et complètement disloqué. La mort était lente, horrible, barbare, mais permettait souvent l'extorsion de confessions.

LACERATION ET CREMATION

RUPTURE ET EXPOSITION

Description du supplice de la roue

par Pierre François Muyart de Vouglans, criminaliste du XVIIIème siècle

"On dresse un échafaud sur le milieu duquel est attachée à plat une croix de Saint André faite avec deux solives en forme en forme oblique, assemblées au milieu où elles se croisent, sur lesquelles il y a des entailles qui répondent au milieu des cuisses, des jambes, du haut et du bas du bras. Le criminel en chemise étendu sur cette croix, le visage tourné vers le ciel, l'exécuteur ayant relevé sa chemise aux bras et aux cuisses, l'attache à la croix avec des cordes à toutes les jointures et lui met la tête sur une pierre. En cet état, armé d'une barre de fer carrée, large d'un pouce et demi, arrondie avec un bouton à la poignée, il en donne un coup violent entre chaque ligature et finit par deux ou trois coups sur l'estomac... Après l'exécution, le corps du criminel est porté sur une roue de carrosse dont on a scié le moyeu en dehors et qui est placée horizontalement sur un pivot. L'exécuteur après lui avoir plié les cuisses en dessous, de façon que ses talons touchent au derrière de la tête, l'attache à cette roue en le liant de toutes parts aux jantes et le laisse ainsi exposé au public plus ou moins de temps."

Récit du supplice de Mandrin, chef des contrebandiers

(supplice subit avec un rare courage comme l'atteste ce texte de l'époque)

Il embrasse de tout son coeur

Le bourreau, son exécuteur.

En passant devant une Eglise

Quoi qu'il n'eût rien que sa chemise

Il fit la génuflexion

Tant il avait de dévotion.

Il fut conduit à l'échaffaud

Que l'on avait dressé en haut.

Que la croix soudain on le couche

Le bourreau n'ouvrait pas la bouche

Mais le prêtre lui dit :

"Mon filsTu souperas au paradis !

" Enfin le bourreau lui cassa

Les os des jambes et des bras,

Avec ceux des reins et des cuisses.

Et Mandrin, pendant ces supplices

Priait bien fort l'Agneau pascal

Et disait qu'on lui faisait mal...

Quand il eut les membres rompus

Sur la roue, il fut étendu.

A la fin, par miséricorde

On lia son cou d'une corde

Par ordre de Monsieur Levet

Pour qu'on lui coupât le sifflet .

Peuple chrétien qui m'écoutez

De cet exemple profitez

Ne faites plus la contrebande

Pleurez vos fautes qui sont grandes

Et vous pourrez comme Mandrin

Faire une glorieuse fin.

Récit du supplice de Cartouche

exécuté le 28 novembre 1721, place de Grève à Paris

(Cartouche, le brigand de la Régence par Gilles Henry)

"C'était une roue de fer d'un diamètre de six pieds; une croix de Saint-André la coupait en quatre parties, ce qui formait un chevalet sur lequel était étendu le patient, dont les quatre membres étaient attachés par des chaînes de fer. On élevait l'appareil sur des poteaux à deux pieds au-dessus du sol, et le bourreau commençait sa besogne, consistant à briser d'abord les jambes du malheureux avec un énorme levier de fer qu'il laissait retomber sur les genoux pour les disloquer, de même pour les coudes, et il brisait ensuite les tibias et les fémurs. Après un quart d'heure de souffrance, le coup de grâce était donné. L'exécuteur étouffa Cartouche sur la roue avec une corde dont il lui serra l'estomac, y brisant les artères et les vertèbres. Le sang jaillit des yeux, de la bouche, des oreilles, et le malheureux expira enfin! Le bourreau ramena le corps chez lui, l'exposa pour un sou... Plus tard, la confrérie des barbiers-chirurgiens acheta le corps, l'exposa pour un écu... Puis il servit pour une leçon d'anatomie et fut dépecé. Son crâne est aujourd'hui par un fabuleux hasard, au Musée de l'homme, ainsi que son masque mortuaire et un masque de cire, moulage de son visage, qui contient des cheveux et de la peau du supplicié, ainsi que des fragments de vêtements. Avant de périr sur la roue, il fut interrogé sous la torture. Les médecins le déclarèrent inapte à l'extension du fait d'une grosseur à l'aine. On lui appliqua le supplice des brodequins. Ses jambes avaient été lié, des planches situées de part et d'autre, le bourreau enfonçait des coins à coups de maillet qui rapprochaient ces planches, au passage broyant les chairs et les os. Il subit 8 coins, ses chairs étaient meurtries, le sang coulait, les douleurs étaient insupportables. N'en pouvant plus, il s'affaissa, on le détacha et le mis sur un matelas. Cartouche était prêt pour l'échafaud."

LA CREMATION  retour menu

Les souverains légalisèrent la pratique du bûcher, tant elle satisfaisait les instincts cruels de leurs prêtres et de leurs peuples.

 

Attachés en croix et enduits de résine, ils éclairèrent à la manière des flambeaux, quelques unes des plus belles scènes de l'orgie romaine.

 

Nombreux furent les martyrs chrétiens qui périrent ainsi après avoir enduré au préalable toutes sortes de tortures.

 

L'histoire humaine est jalonnée de bûchers et d'incendies, l'homme est pareil au démon à la vue du feu.

Construction d'un bûcher, mode d'emploi

 

On commence par planter un poteau de sept ou huit pieds de haut, autour duquel on laisse la place pour le passage d'un homme. Le bûcher est construit en carré, composé alternativement de fagots, de bûches et de paille. On laisse un intervalle suffisant pour arriver au poteau ; le bûcher est élevé jusqu'à la hauteur de la tête du patient. Le criminel arrive, il est déshabillé et on lui met une chemise soufrée ; on le fait entrer et monter sur les rangs de fagots et de bois au bas du poteau. On lui attache le col avec une corde, le milieu du corps avec une chaîne de fer et les pieds avec une autre corde, ensuite on bouche l'endroit par lequel il est entré et on y met le feu... Il y a un moyen pour qu'il ne sente pas la douleur du feu et qui s'exécute ordinairement sans qu'il s'en aperçoive. Les exécuteurs se servent pour construire le bûcher, de crocs de batelier dont le fer a deux pointes : l'une droite, l'autre crochue. On ajuste un de ces crocs dans le bûcher en le fermant de façon à ce que la pointe se trouve vis à vis du coeur. Aussitôt que le feu est mis, on pousse fort le manche de ce croc et la pointe perce le coeur du patient qui meurt sur le champ.

LE CHEVALET ET L'ECARTELEMENT retour menu

Le chevalet n'est pas d'origine médiévale, déjà à Rome Ciceron le décrit. A l'époque, l'instrument ne servait pas a faire dénoncer d'éventuesl complices mais agissait comme une véritable machine de mort.

 

On ne descendait pas vivant du chevalet, d'autant qu'on labourait au même moment les corps des condamnés avec des crochets de fer. Il est l'instrument dont tous les bourreaux d'Europe connurent la pratique jusqu'à la fin du XVIIIème siècle.

Le "Cheval" parmi les anciens, était une machine de bois, faite à la ressemblance d'un vrai cheval, et ayant deux petites roues creuses ou polies aux deux extrémités ou se trouvaient des trous pour les recevoir.

Sur leurs axes, lorsque quelqu'un devait être torturé sur l'instrument, on plaçait des cordes et ces roues tournaient et, par ce moyen la personne qui y était attachée était disloquée et distendue de diverses façons.

Le supplice remonte à la plus haute antiquité, les perses attachaient la victime avec des cordes entre deux arbres rapprochés, en se redressant, les branches emportaient les membres.

L'écartèlement avec des chevaux est d'origine romaine et était utilisé pour les crimes de haute trahison.

La durée du supplice variait avec la résistance de la victime.

Contrairement a ce que l'on peut penser l'écartèlement nécessite l'intervention du bourreau à la fin pour la section des membres, soit avec un couteau ou une hache, les chevaux ne peuvent suffire à écarteler la victime...

Description du supplice en 1563 de Poltrot de Méré, pour avoir assassiné François de Guise(Jules Michelet)

"Quand il fut lié au poteau, le bourreau avec ses tenailles lui arracha la chair de chaque cuisse et ensuite décharna les bras. Les quatre membres ou quatre os devaient être tirés à quatre chevaux. Quatre hommes qui montaient ces chevaux, les piquèrent et tendirent horriblement les cordes qui emportaient ces pauvres membres. Mais les muscles tenaient. Il fallut que le bourreau se fît apporter un gros hachoir et à grands coups détaillât la viande d'en haut et d'en bas. Les chevaux alors en vinrent à bout. Les muscles crièrent, craquèrent, rompirent d'un violent coup de fouet. Le tronc vivant tomba à terre mais comme il n'y a rien qui ne doive finir, il fallut bien que le bourreau lui coupât la tête."

Récit du supplice de

Robert François Damiens, victime de la Pompadour

(Voltaire, Histoire du parlement de Paris)

Coupable d'une tentative d'assassinat sur la personne de Louis XV, Damiens subit l'un des supplices les plus affreux de toute notre histoire. Damiens était décrit comme un homme robuste, simple d'esprit et sujet à des crises d'épilepsie. Ayant voulu être le bras droit de Dieu, il décida de blesser le roi en signe d'avertissement, son but était de forcer Louis XV à se rapprocher de son peuple. Très vite, il fut soumis à la torture pour lui faire avouer le nom de ses complices.

"Ils le menèrent dans une chambre basse qu'on appelle le salon des Gardes. Le duc d'Ayen, capitaine des gardes, le chancelier Lamoignon, le garde des sceaux Machault Rouillé étaient accourus. Les gardes l'avaient déjà dépouillé tout nu et s'étaient saisis de son couteau. Avant que le lieutenant du grand prévôt fut arrivé, quelques gardes du corps, dans les premiers mouvement de colère et dans l'incertitude du danger de leur maître, avaient tenaillé ce misérable avec des pincettes rougies au feu et le garde des sceaux leur avait prêté la main. "

Le roi, influencé par la Pompadour qui réclamait une vengeance éclatante, donna l'ordre de transférer Damiens vers Paris pour être enfermé à la conciergerie. On l'attacha durant cinquante sept jours sur un matelas à crémaillère, tout son être était plaqué par un jeu de courroies à ce lit infernal, elles prenaient le corps aux épaules, enlaçaient les bras et ne laissaient aux mains que juste la liberté nécessaire pour porter les aliments à la bouche.

Damiens déclara :

"Je n'ai pas eu l'intention de tuer le Roi ; je l'aurai tué si j'avais voulu. Je ne l'ai fait que pour que Dieu pût toucher le Roi et le porter à remettre toutes choses en place et la tranquillité dans ses Etats."

"Il fut condamné en un premier temps au supplice du feu. Bras, cuisses, et gras des jambes furent brûlés au feu de souffre, et sur les endroits tenaillés, on jeta du plomb fondu, de l'huile bouillante et de la poix résine brûlante. Ensuite il subît l'écartèlement, les chevaux l'ayant démembré pendant une heure en vain, on dut les changer tant Damiens était robuste. Les os des fémurs furent déboîtés et les deux jambes ramenées le long des côtes. Les quatre chevaux se trouvèrent tirer parallèlement ; les membres s'étendaient mais sans subir la moindre lacération. Il faut en finir, le bourreau s'approche et coupe rapidement les tendons, les quatre membres tombent à terre."

Tout ce qui reste de Damiens quand il est jetté au bûcher n'est qu'un tronc dont la poitrine se soulève et dont les lèvres bougent... !

LE SUPPLICE DU PAL  retour menu

Le supplice du pal est sans conteste d'origine orientale, les Assyriens avaient coutume d'empaler les corps juste en dessous du sternum, les victimes pouvaient être vues de très loin à la façon des croix des romains ou des carthaginois. Les turcs, les perses, les siamois pratiquèrent aussi le supplice du pal.

Extrait d'un récit rapporté par Claude Desprez

L'empalement du syrien Soliman, exécuté au Caire en 1800

"L'homme fut condamné par le conseil de guerre français, a avoir poing brûlé puis a être empalé vif. Le bourreau Barthelemy coucha sur le ventre Soliman, tira un couteau de sa poche, lui fit au fondement une large incision, en approcha le bout de son pal et l'enfonça à coups de maillet. Puis il lia les bras et les jambes du patient, l'éleva en l'air et fixa le pal dans un trou préparé. Soliman vécut encore durant quatre heures, et il eut vécu plus si durant l'absence de Barthelemy un soldat ne lui eut donné a boire, à l'instant même il expira."

AUTRES MODES DE TORTURES  retour menu

La lapidation : il s'agissait de punir par jet de pierres, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Principalement à l'honneur chez les Hébreux, en Amérique du Nord, en Grèce et dans les pays du Soleil Levant, à Rome, mais prenant un aspect religieux, il se propagea partout. Ce supplice punissait les fauteurs de trouble, les déserteurs, le viol, l'adultère, la sodomie et la bestialité.

La noyade : soit entravé, soit lesté ou fixé, ensaché ou non, le condamné est précipité dans l'eau, mer, lac, rivière ou marécage. Aussi d'un navire, le cou lesté. A Rome on punissait ainsi les parricides, les Burgondes noyaient les femmes infidèles, les Anglais les voleuses. En Scandinavie, les condamnés étaient attachés à un pieu sur la plage et on attendait que la marée monte... En Birmanie, une variante, on empalait le proscrit !

L'abandon : le criminel était exposé, au froid, à la chaleur, aux animaux sauvages ou à l'ennemi... Ce fut le cas pour les prêtres déportés en Guyanne par le Directoire et très souvent pour les marins, surtout les mutins.

Précipitation d'une hauteur : les traîtres et les criminels politiques furent ainsi fréquemment précipités du haut d'une falaise.

L'exposition aux bêtes : l'être humain était livré aux bêtes fauves, comme ce fut le cas chez les Romains dans les cirques, mais aussi livrés aux rapaces qui s'attaquaient d'abord aux yeux, puis à chaque passage arrachaient un lambeau de chair. On cite d'autres exemples : être enfermé dans un tonneau avec des vipères, livré aux fourmis rouges en Guinée ou en Turquie, enterré jusqu'aux épaules, on plaçait autour de la tête un sac rempli d'abeilles...

Plutarque nous raconte un autre supplice : "...le criminel était dans une barque, sur le dos, recouvert d'une autre barque semblable, on laissait dépasser la tête et les membres. On le nourrissait, l'y forçant en lui piquant les yeux avec une épingle. Ensuite on le barbouillait de lait et de miel. Au bout de quelques heures il était couvert de mouches. Au bout de plusieurs jours, il baignait dans ses excréments qui donnèrent des vers et des parasites qui pénétraient ses intestins et le dévoraient vivant..."

La cuisson ou ébullition : les faux-monnayeurs ou autres contrefacteurs étaient ligotés et jetés vivants dans l'huile ou l'eau bouillante. Pour des raisons théologiques, en France, protestants et catholiques procédèrent de la même manière au cours des guerres de religion.

Enfouissement vivant : pour vol on pouvait être pendu, mais pour une femme il était inconvenant d'être suspendue et de s'agiter, le spectacle eut été indécent, aussi mettait au pilori avant enfouissement !

La fusillade : peloton d'exécution ou exécution de masse, le condamné attaché à un poteau ou non, les yeux bandés ou non, tel le Maréchal Ney. L'officier donnait un coup de grâce dans la nuque.

La longue traîne : condamnés attachés à la queue d'un cheval fougueux

La masserole : les tempes étaient brisées avec un maillet en bois du même nom

Le garrot : il provoquait l'étranglement par suffocation ou rupture des vertèbres

Plus proche de nous : les chambres à gaz, la chaise électrique et les injections de produits

 

 

MOTIFS DE CONDAMNATION A MORT retour menu

Principalement, ce sont :

Le duel, depuis une ordonnance de 1566 sous Charles IX, les biens étant confisqués

Le péculat ou vol des deniers publics par ceux qui en ont la charge, condamnation à être pendu, confiscation des biens

L'assassinat, même une simple tentative,

Le meurtre avec guet-apens, les auteurs, ayant des circonstances aggravantes sont rompus vifs,

Le blasphème, avec une gradation dans la punition, la 1ère fois, une amende, doublée à chaque récidive, la 5ème fois, le carcan, la 6ème le pilori avec la luette coupée et langue, la fois suivante, la mort !

Le vol d'hosties, car il ne faut pas oublier que l'on s'en servait au cours des messes noires...

Le vol domestique entraînait la mort s'il y avait effraction, par contre, si le bien n'était pas enfermée, la sentence était les galères à perpétuité,

Les voleurs de grands chemins étaient particulièrement maltraités et mis à mort!

Le recel de grossesse ou d'enfantement, généralement des sorcières qui offraient les nouveaux-nés en sacrifice...

Le rapt était puni de mort pour tous les complices,

Les libellés diffamatoires, surtout dirigés vers le souverain sont punis par la pendaison,

L'adultère n'était pas toujours puni de la même manière selon qu'il s'agisse de l'homme ou de la femme, les femmes pouvaient être rasées et enfermées dans un couvent, parfois bastonnées et bannies, leur amant fustigé, roué parfois mis à mort; les hommes avaient à payer une amende, en cas de récidive, ils pouvaient être bannis après avoir été violemment molestés. Si l'adultère concernait un domestique avec sa maîtresse noble, c'était la galère ou la mort. A l'inverse, une domestique et son maître noble ne craignaient pratiquement rien, sinon que la jeune femme pouvait être livrée aux faiseuses d'anges et succombait parfois ensuite, ou devaient quitter la région avec un encombrant fardeau...

Le parricide devait d'abord faire amende honorable, puis on lui coupait le poing, ensuite il était roué vif et brûlé. Les femmes étaient livrées aux flammes sans être rouées. Leurs biens étaient confisqués.

Le crime de régicide : sous peine d'être pendus et étranglés, la famille, les parents devaient quitter le royaume, leur maison était rasée.

Le meurtre conjugal : la meurtrière avait le poing coupé puis elle était brûlée, le ou les complices étaient roués; le mari était roué vif,

La bestialité et la sodomie, crimes contre nature étaient punis par le feu avec les pièces du procès!

Il y avait aussi : le port d'armes, les assemblées illicites, la rébellion à la justice, les faux en écriture, les faux témoignages, les banqueroutes frauduleuses, le vol dans les maisons du Roi, l'automutilation des forçats, l'inceste, le vol de grains, l'impiété et l'incendie volontaire.

QUELQUES ANECDOTES retour menu

Bordeaux, 14 juin 1533, arrêt du Parlement

"Aux veillées tenues en l'église Saint-Séverin et autres, on disait plusieurs chansons déshonnêtes,, on faisait grande dissolutions, excès, scandales, plusieurs filles ayant été violées dont quelques-unes sont décédées. Le parlement ordonne inhibitions et défenses à tous les habitants de ladite paroisse de refaire ladite veillée en l'église Saint-Amand ... " Des actes qui auraient demandé des peines exemplaires sont restés ainsi impunis !

Geôliers, touriers et cepiers au Moyen-Âge

"Ils sont plus infâmes que ceux qu'ils enchaînent, ils sont grands, ivrognes, paillards, adultères, violateurs de leurs prisonnières, profanateurs des prisons de justice dont ils mésusent. Ils disposent de leurs prisonniers qui sont à charge, péril et fortune de leur bon vouloir." Criminels en puissance, ils ne seront jamais condamnés...

Abolition du supplice de la roue

"Le 3 août 1788, à Versailles, Louis Louschart accusé de parricide doit être roué. Bénéficiant, selon la population, de circonstances atténuantes, il fut enlevé à son supplice dans une immense clameur de joie. Le bourreau et ses valets risquèrent d'y laisser leurs vies, la croix, la roue et l'échafaud furent brûlés. La foule dansa jusqu'à la nuit, la liberté avait été rendue selon un verdict populaire! A partir de ce jour, Louis XVI abolit définitivement le supplice de la roue"

Suicide interdit et sévèrement puni

(Bibliothèque Nationale, supplément français, manuscrit 7645)

"Déclarons le défunt en ce 6 août 1499, coupable de s'être défait et homicidé soi-même, s'étant donné dans la poitrine un coup d'épée dont il est mort. Pour réparation de quoi, condamnons sa mémoire à perpétuité, et sera le cadavre dudit défunt attaché, par l'exécuteur de Haute Justice, au derrière d'une charrette, traîné sur une claie, la tête en bas et la face contre terre, par les rues de la ville, jusqu'à la place Saint-Firmin où il sera pendu par les pieds à une potence qui, pour cet effet, sera plantée audit lieu. Et après qu'il y aura demeuré vingt-quatre heures, sera jeté à la voirie. Déclarons tous et chacun ses biens confisqués."

Le mariage supplice quotidien des époux ...

(Curiosités des Parlements de France, 1863)

En 1429, en France, les filles avaient le privilège de sauver du supplice un criminel en l'épousant. Quelques criminels en bénéficièrent. C'est à ce sujet qu'on aimait dire que le mariage, supplice quotidien des époux, n'était pas moins terrible que la peine de mort ...

Procès d'une truie le 10 janvier 1457

(Bibliothèque Nationale, fonds latin, manuscrit 9072)

"Ce jour, une truie et ses six cochons, qui sont présentement emprisonnés, ont été pris en flagrant délit de meurtre et d'homicide sur la personne de Jeahan Martin. Nous, Nicolas Quareillan, juge, avons dit, procédé et donné notre sentence définitive en la matière suivante : Disons et prononçons la truie être confisquée pour être mise en justice et au dernier supplice, et être pendue par les pieds de derrière à un arbre. Au regard des cochons de ladite truie, il n'appert aucunement qu'ils aient mangé dudit Jehann Martin, encore qu'ils aient été trouvés ensanglantés. Leur cause est donc remise aux autres jours. En exécution de ladite sentence, la truie, menée en charrette, sera pendue par les pieds de derrière comme il a été annoncé, par Estienne Poinceon, maître de Haute Justice demeurant à Châlons sur Saône. "

LES MASSACRES REVOLUTIONNAIRES retour menu

Passage de l'histoire bien souvent cité rapidement entre deux événements importants, les massacres révolutionnaires suscitent bien des questions !

Quelles furent les causes des massacres de septembre ? En premier lieu, l'émotion causée par la capitulation de Verdun, car le 2 septembre 1792, la population royaliste accueillait les Prussiens avec des fleurs. En second, le discours de Danton à l'assemblée législative dénonçant les traîtres. On peut également citer les agissements de Marat qui poussait à l'action les tribunaux improvisés. A Paris, les arrestations se multipliaient : prêtres réfractaires, nobles et anciens ministres se voyaient entassés dans des prisons improvisées ou des couvents en attendant les simulacres de procès qui devaient soit les acquitter soit le plus souvent les mener à la guillotine. L'annonce de la chute de Verdun, qui ouvrait la porte de Paris, entraîna alors le massacres de 1395 prisonniers qui furent égorgés dans les prisons de Paris du 2 au 6 septembre dont 223 prêtres. Une circulaire de la commune de Paris, envoyée aux municipalités de province, déclencha les même massacres dans les prisons sur tout le territoire ! Le 20 septembre fut créé la carte Civique, obligatoire, aussi appelée certificat de civisme et devant être présentée à chaque réquisition, accompagnée dans certains cas d'un certificat de non-suspicion et d'un certificat de non-émigration. Il est difficile d'établir un bilan des victimes sous la Terreur, beaucoup d'archives de la révolution ayant été détruites vers 1913 par des historiens anti-monarchistes. Certains chiffres on tout de même été donné, on parle de 260000 morts, bien que certains chiffres parlent de 520000 à 650000 morts sur l'ensemble du territoire.

Voici quelques exemples de chiffres d'exécutions à Paris et dans tout le reste du pays :

A Paris on compte du 21 janvier 1793 au 8 juin 1795, 2795 guillotinés, dont 1376 entre le 10 juin et le 28 juillet 1794.

En province, on estime le nombre d'exécutés dans l'ensemble, à 42000 guillotinés dont 17000 à la suite d'un procès, certains exécutés l'ont été par fusillade, le rendement de la guillotine n'étant pas suffisant ! On compte environs 25000 exécutions par simple décision administrative pour ces quelques motifs : hors-la-loi, rebelles, émigrés ou déportés rentrés clandestinement !

Pendant la dictature de la commune par ordre du tribunal criminel il y eut également des exécutions hors guillotines :

Armes blanches et massues : à Paris, 1395 morts dont 420 ne purent être identifiés (cadavres mutilés ou brûlés)

Canonnade : 1876 exécutions du 4 au 27 décembre 1793, canons chargés de mitraille

Fusillades : près de 2000 exécutions

Noyades : 4800 noyés à Nantes du 3 novembre au 31 décembre 1793 dont 2000 la seule semaine de Noël, le 23 décembre étant la journée la plus noire puisque 800 personnes furent exécutées. Puis en juillet 1794, à la fin de la mission de Carrier 10000 exécutions.

Les Révolutionnaires, après s'être attaqués aux vivants, s'en prirent aux morts. En 1794, alors que madame de Maintenon repose en paix depuis 1719, des sans-culottes découvrent une dalle gravée à son nom, ils ne purent résister à l'envie de profaner cette sépulture. Ils éventrèrent le cercueil, et découvrirent un corps parfaitement conservé; ils passèrent une corde autour du cadavre, et le traînèrent dans la cour de l'institution de Saint-Cyr en manifestant leur joie par de grands éclats de rire!

Trois mois auparavant, d'autres actes de Barbaries avaient ébranlé les âmes des quelques nobles restés en France et en vie : Le 16 Octobre 1793, la basilique de Saint Denis fondée par Dagobert en 626, et qui recueillait les dépouilles royales des trois dynasties confondues : les Capétiens directs, les Capétiens Valois et les Capétiens Bourbons, avait été saccagée et profanée.

Au moment où Marie Antoinette vivait ses dernières heures, les sans culottes sortaient de la basilique le corps de Louis XIV, dont on pouvait encore distinguer les traits autoritaires, et l'ensemble des dépouilles royales des trois dynasties fut jeté dans la chaux vive. Plus loin, dans l'église Saint Louis des Jésuites, à Paris, reposaient les coeurs de 45 princes et princesses de la maison de France. Un homme se rendit chez des peintres et leur proposa de la "mummie", un matériau très recherché par ces artistes, obtenu par un mélange de déchets organiques qui, une fois macéré dans des décoctions d'alcool et mélangé à l'huile et à la gouache, donnait un glacis merveilleux à la surface des toiles. Deux peintres, Martin et Drolling, profitèrent de l'occasion. Martin, eut ensuite quelques scrupules à utiliser le coeur du Roi soleil et décida de le restituer à la Basilique de Saint Denis. Drolling, lui n'eut aucun remord à s'en servir...

C'est ainsi que vous pourrez admirer les coeurs de Anne et Marie-Thérèse d'Autriche, la grande mademoiselle, du frère du roi, du duc et de la duchesse de Bourgogne, et du régent Philippe d'Orléans, sur une toile qui se trouve actuellement à Strasbourg et qui s'intitule: "Intérieur d'une cuisine"... témoin impressionnant d'une époque des plus troublées et sanglante de l'histoire de France.

 

 

LA GUILLOTINE ET LES GUILLOTINES  retour menu

Contrairement à la légende, la guillotine ne fut pas inventée par le docteur Guillotin, ce dernier se contenta seulement de perfectionner un système existant pour abréger les souffrances des condamnés. Une série de gravures signées Perez, Bonasini datant des années 1550 montrent déjà l'ancêtre de la guillotine. En 1632, le maréchal Henri II de Montmorencey fut décapité à l'aide d'une machine que messire Jacques de Chastenet décrivait ainsi :

" Dans ce pays là, on se sert d'une doloire qui est entre deux morceaux de bois et quand on a la tête posée sur le bloc, quelqu'un tire la corde et cela descend et sépare la tête du corps."

 

La guillotine fut l'oeuvre de trois hommes, le docteur Guillotin son philanthrope, le docteur Louis qui l'a mise au point et enfin Tobias Schmidt, fabriquant de pianos qui sut la construire. Ce fut Louis XVI qui en examinant le mécanisme proposa la forme triangulaire de la lame. Il dit :

" Ne vaudrait-il pas mieux que le fer reçut une forme triangulaire afin qu'en tombant, le triangle coupât de biais comme la scie ? "

Que se serait-il passé, si le bon docteur Guillotin n'avait pas inventé une machine à couper les cous rapidement, et avec un minimum de souffrances? Peut-être, devant l'horreur des exécution, le nombre des décapitations, aux heures tragiques de la Révolution aurait-il été moindre?

                                                                                                              

Mais comment fonctionne la guillotine ? Le bourreau pousse brusquement le condamné contre la planche appelée "bascule" qui tourne en avant d'un quart de cercle et s'immobilise en position horizontale, la face du condamné regardant le sol, sa gorge s'appuyant sur la partie inférieure de la "lunette" entaillée en demi-cercle. La partie supérieure de la lunette, tombe immédiatement sur la nuque, immobilisant le cou. Le couteau de la guillotine. Qui pèse environ 50 kg, est alors libéré et tombe en chute libre. Le condamné doit ressentir, d'après le docteur Guillotin, "tout au plus, l'impression d'un souffle frais dans la nuque".

Pour un bourreau habile, toutes ces opérations doivent durer 40 secondes.                   

Après avoir effectué un test sur un cadavre, le 14 septembre 1792, le nommé Jacques Pelletier, condamné pour vols inaugurait la machine. Le public en fut extrêmement déçu, cela allait bien trop vite, regrettant les pendaisons qui duraient bien plus longtemps selon l'humeur du bourreau qui s'amusait à descendre ou à faire remonter plusieurs fois le condamné.

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La chronique de Paris rendit compte de l'impression produite par les Parisiens :

" Le peuple n'était point satisfait, il n'avait rien vu ! La chose était trop rapide, il se dispersa, désappointé, chantant, pour se consoler de sa déception, un couplet d'à propos :Rendez-moi ma potence de bois. Rendez-moi ma potence "

Du 6 avril 1793 au 29 juillet 1795, 2831 têtes tombèrent !

L’ANCÊTRE DE LA GUILLOTINE ( 188 avt JC ) 

"LA VEUVE" MODERNE

LISTE DES GUILLOTINES retour menu

LES EXECUTES D'ALSACE ET DES VOSGES

BAS-RHIN

ADAM Vincent, domicilié à Huffendorf, canton d'Haguenau, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire par le tribunal criminel du dit département le 19 septembre 1793

ALTEMBERGER Jean, cordonnier, domicilié à Assveiller, canton de Weissembourg, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme fournisseur infidèle, le 1er Nivôse an 2, par la commission révolutionnaire aux armées du Rhin et de la Moselle.

ANDRE Philippe, meunier domicilié à Ernolsheim, canton de Strasbourg, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme distributeur de faux assignats, le 11 Messidor an 2, par le tribunal criminel du département du Bas-Rhin

AUSEL François Matthieu, charron, domicilié à Sainbach, canton de Benfeld, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 12 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire séante à

BADEMER Marc, domicilié à Geispolsheim, canton de Strasbourg, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme corrupteur d'opinion publique, le 15 brumaire an 2, par la commission révolutionnaire de Strasbourg.

DAURE Antoine, capitaine au 77e régiment, domicilié à Molsheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme traître à la Patrie, le 8 frimaire an 2, par le tribunal criminel du département de la Charente Inférieure.

EDELMANN F., âgé de 45 ans, musicien, né à Strasbourg, département du Bas-Rhin, condamnée à mort le 29 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme conspirateur

EDELMANN L., âgé de 30 ans, né et domicilié à Strasbourg, département du Bas-Rhin, fabricant d'instruments condamné à mort le 29 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme conspirateur

EHRMAN Louis, receveur du ci-devant prince de Hess-d'Arldtat, domicilié à Bourwillier, département du Bas-Rhin, condamné à mort le 26 brumaire an 2, par la commission militaire séante à Haguenau, comme conspirateur.

ELLENBERGER En. Christ, ci-devant receveur du prince d'Armstat, et depuis 18 mois de la République, domicilié à Verosten, département du Bas-Rhin, condamné à mort le 1er ventôse an 2, par la commission militaire près armée du Rhin et Moselle, comme contre-révolutionnaire.

EPHIN Joseph, hussard de Chamboran et déserteur, domicilié à Pertau, département du Bas-Rhin, condamné à mort le 26 germinal an 2, par la commission militaire de l'armée du Nord, comme contre-révolutionnaire.

ESCHLANER Jacques, procureur de la commune, domicilié à Littenheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort le 9 8bre 1793, par le tribunal criminel dudit département comme chef d'attroupement.

EUCEL Gabriel, vigneron, domicilié à scherveiler, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 23 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire de Schelestat.

FAJARS Jean Baptiste, écuyer calvacadour du ci-devant cardinal de Rohan, âgé de 56 ans, natif de Strasbourg, département du Bas-Rhin, domicilié à Paris, département de la Seine, condamné à la déportation, le 16 ventôse an 2, par le tribunal révolutionnaire séant à Paris, pour avoir tenu des propos inciviques et contre-révolutionnaires, tendants à avilir la représentation nationale et les autorités constitués.

FATLLER Xavier, cultivateur, domicilié à Oberschaeffolsheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort le 4 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire séante à Strasbourg, comme contre-révolutionnaire.

FEIT Antoine, forestier, domicilié à Berhardswiller, département du Bas-Rhin, condamné à mort le 13 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire séante à Schelestat, comme fanatique contre-révolutionnaire.

FISCHER Jean Jacques, ministre protestant, domicilié à Dorlishein, département du Bas-Rhin, condamné à mort le 4 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire séante à Strasbourg, comme contre-révolutionnaire.

GALL André, vigneron, domicilié à Scherveiller, département du Bas-Rhin, condamné à mort le 23 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire séante à Schélestat, comme contre-révolutionnaire.

GARNY Joseph, domicilié à Hussendorff, département du Bas-Rhin, condamné à mort le 17 7bre 1793, par le tribunal criminel dudit département comme contre-révolutionnaire.

HAFFENUS François, domicilié à Gressweiller, département du Bas-Rhin, condamné à mort par contumace, le 30 août 1793, par le tribunal criminel dudit département, comme chef d'attroupement.

HEIDENRECH Jean Guillaume, négociant, âgé de 54 ans, né et domicilié à Weissembourg, département du Bas-Rhin, condamné à mort, le 14 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire séant à Paris, comme contre-révolutionnaire, et pour avoir accepté une fonction publique après l'entrée des troupes du roi de Prusse.

HEITZ André, maire suspendu d'Ernoslsheim, domicilié à Ernolsheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort, le 27 brumaire an 2, par la commission révolutionnaire séante à Strasbourg, comme contre-révolutionnaire.

HEITZ André, domicilié à Gespolshein, département du Bas-Rhin, condamné à mort, le 15 brumaire an 2, par la commission révolutionnaire séante à Strasbourg, comme conspirateur.

HELFFER Antoine, domicilié à Meistratzheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort, le 22 octobre 1793, par la commission révolutionnaire séante à Strasbourg, comme complice d'émeute.

HELL François, âgé de 63 ans, né à Kirsenheim, département du Bas-Rhin, ci-devant procureur général des états d'Alsace, ex constituant, chevalier de l'empire romain, ancien grand bailly de Landser, syndic de la noblesse, administrateur du département de la Seine, condamné à mort le 3 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire séant à Paris, comme contre-révolutionnaire.

HENRY Pierre, âgé de 66 ans, greffier du tribunal du district de Neuf-Savardin, né à Sargemine, département de la Moselle, domicilié à Boukenoire département du Bas-Rhin, condamné à mort, le 26 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme conspirateur.

HESSEL Joseph, forestier, domicilié à Epsig, département du Bas-Rhin, condamné à mort, le 21 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire du département.

HOBRICH ou HOLLERICH Pierre, horloger, âgé de 57 ans, né et domicilié à Weissembourg, département du Bas-Rhin, condamné à mort, le 14 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, pour avoir accepté une fonction publique après l'entrée du roi de Prusse.

KAUFFMANN Laurent, domicilié à Hattenheim, département du bas-Rhin, condamné à mort, comme contre-révolutionnaire, le 17 septembre 1793, par le tribunal criminel dudit département.

KELLER Sébastien, domicilié à Ammerswirk, département du Haut-Rhin, condamné à la déportation, le 4 septembre 1793, par le tribunal criminel dudit département.

KEPPLER F. âgé de 77 ans, syndic de l'abbaye d'Andelau, né à Hekenhene, condamné à mort, comme conspirateur 29 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

KESSLER Michel laboureur, domicilié à Gresweiller, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 7 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire dudit département.

KRAUT Jean Jacques, maire suspendu d'Ernolsheim, domicilié à Ernolsheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme corrupteur de l'esprit public, le 27 brumaire an 2, par la commission révolutionnaire de Strasbourg.

KUHN Louis, juge de paix, domicilié à Epfig, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire le 21 frimaire an 2, par la commission révolution séante à Epfig.

KUNTZ Salomé, veuve, domiciliée à Mittelbergheim, département du Bas-Rhin, condamnée à mort comme conspiratrice, le 15 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire séant à Barr.

KUNTZ Thérèse, domiciliée à Mittelbergheim, département du Bas-Rhin, condamnée à mort comme conspirateur le 15 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire séante à Barr.

MARTZ Marie Nicaise, laveuse, domiciliée à Strasbourg département du Bas-Rhin, condamnée à mort le 14 prairial an 2, par le tribunal criminel dudit département, comme receleuse de prêtres réfractaires.

MARTZ Catherine, laveuse, domiciliée à Strasbourg département du Bas-Rhin, condamnée à mort le 14 prairial an 2, par le tribunal criminel dudit département, comme receleuse de prêtres réfractaires.

NUSS Jacques François, maire destitué, domicilié à Gelpolsheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort, comme contre-révolutionnaire, le 15 brumaire an 2, par la commission révolutionnaire de Strasbourg.

NUSS Michel, domicilié à Gelpolsheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 15 brumaire an 2, par la commission révolutionnaire de Strasbourg.

OLERY Mathurin, domicilié à Schelestat, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme brigand de la Vendée, le 17 nivôse an 2, par la commission militaire de Nantes, département de la Loire Inférieure.

OLLERY Pierre, âgé de 57 ans, horloger, né et domicilié à Weissembourg, département du Bas-Rhin, condamné à mort le 14 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme contre-révolutionnaire, en servant la cause des rois coalisés contre la République, par l'acception de fonctions publiques auxquelles il avait été promu par leurs agents.

PALTY François, soldat au 6ème régiment d'infanterie légère, domicilié à Strasbourg, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme émigré, le 2 brumaire an 3, par la commission militaire de Strasbourg.

QUELIN Marguerite, domiciliée à Delle, département du Haut-Rhin, condamné à la déportation le 25 vendémiaire an 2, par le tribunal criminel dudit département.

RAU Jean Michel, domicilié à Geispolsheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort, comme contre-révolutionnaire, le 15 brumaire an 2, par la commission militaire de Strasbourg.

RAUSCH Geoffroy Henri, conseiller aulique et receveur du prince de Hesse-Darmstat, domicilié à Strasbourg, département du Bas-Rhin, condamné à mort, comme conspirateur, le 16 brumaire an 2, par la commission militaire de Strasbourg.

SCHENEIDER Euloge, prêtre allemand, vicaire épiscopal, commissaire civil é l'armée, accusateur publique du tribunal criminel du département du Bas-Rhin, âgé de 37 ans, natif de Vipefeld, domicilié à Strasbourg,

département du Bas-Rhin, condamné à mort le 12 germinal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme convaincu d'avoir, par des vexation, et concussions immorales et cruelles envers les citoyens, par l'abus le plus révoltant et la plus sanguinaire du nom et des pouvoirs d'une commission révolutionnaire opprimé, volé, assassiné, ravi l'honneur, la fortune et la tranquillité des familles paisibles.

SCHLEGEL Joseph, domicilié à Illerweiler, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire le 21 frimaire an 2, par la commission militaire de Nantes.

SCHMINDER Antoine, juge de paix, domicilié à Wisserheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire contumace, le 9 Septembre 1793, par le tribunal criminel dudit département.

SCHWAB Antoine, domicilié à Brumatt, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme traître, le 7 nivôse an 2, par le tribunal, criminel dudit département.

SCINDELER Laurent, cultivateur, domicilié à Oberschaesfolsheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire le 4 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire de Strasbourg.

ULMER Catherine (dite Poerson) femme Pseiffer, domiciliée à Illkirck, département du Bas-Rhin, condamnée à mort comme contre-révolutionnaire, le 19 brumaire an 2, par le tribunal criminel du dit département.

VELTEN Thibault, laboureur, domicilié à Reingeldorff, département du Bas-Rhin, condamné à la déportation jusqu'à la paix, le 8 octobre 1793, par le tribunal criminel dudit département, comme ayant frappé un officié municipal en fonction.

VELTEN Joseph, laboureur, domicilié à Reingedorff, département du Bas-Rhin, condamné à être déporté jusqu'à la paix, le 8 octobre 1793, par le tribunal criminel dudit département comme ayant frappé un officier municipal en fonction.

VELTER Jean, laboureur, domicilié à Reingedorff, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme instigateur d'émeutes, le 8 octobre 1793, par le tribunal criminel dudit département.

VENDLING Chrétien, domicilié à Strasbourg, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme émigré, le 2 brumaire an 3, par le commission militaire de Strasbourg.

VESTERMANN François Joseph, général de la brigade, natif de Molsen, département du Bas-Rhin, âgé de 40 ans, domicilié à Paris, département de la Seine, condamné à mort le 16 germinal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme convaincu d'avoir trempé dans une conspiration tendante à détruire la représentation nationale et le gouvernement républicain.

WEBERT Michel, libraire, âgé de 25 ans, natif de Savernes, département du Bas-Rhin, domicilié à Paris département de la Seine, condamné à mort le 1er Floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme ayant distribué et vendu des estampes et autres ouvrages contre-révolutionnaire.

WEINMARING Jean Philippe, commis banquier, âgé de 40 ans, né à Malchem département du Bas-Rhin, domicilié à Paris département de la Seine, condamné à mort le 14 floréal an 2, par le tribunal révolutionnaire séante à Paris, comme complice de Tassin et agent de la conspiration de Capet, au 10 août 1792.

WENDELINWACK, cabaretier, domicilié à Zell, département du Bas-Rhin, condamné à mort, le 21 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire séante à Epfig, comme receleur de prêtres, et contumace.

WERNY Pierre, maréchal des logis au 2e régiment de cavalerie, domicilié à Strasbourg, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme concussionnaire, le 2 frimaire en 2, par le tribunal révolutionnaire séante à Strasbourg

WINTERBERGER Martin, domicilié à Gresweiller département du Bas-Rhin, condamné à mort par contumace, le 30 août 1793, par le tribunal militaire du dit départ, comme instigateur d'émeutes contre-révolutionnaires

WOLBERT henri Pierre Joseph, ex vicaire, domicilié à Strasbourg département du Bas-Rhin, condamné à Mort comme réfractaire à la loi, le 14 prairial an 2, par le tribunal criminel du dit département.

WOLBERT Laurent, cultivateur, domicilié à Obershaeffolsheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire le 4 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire séante à Strasbourg.

WOLFFGANG-FRINDEL, domicilié à Maistratzheim, département du Bas-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire le 22 Octobre 1793, par la commission révolutionnaire séante à Strasbourg.

YUNG G., cordonnier, âgé de 33 ans, né à Strasbourg, département du Bas-Rhin, condamné à mort le 29 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire séant à Paris, comme chef de la fraction Shoëder.

ZIMMERMANN Jérémie, marchand de chandelles, domicilié à Strasbourg département du Bas-Rhin condamné à mort le 8 brumaire an 2, par la commission révolutionnaire séante à Strasbourg, comme ayant vendu au dessus de la taxe.

ZUEMSTEIM Jacques, journalier, domicilié à Hegenheim, département du Haut-Rhin, condamné à mort le 2 florial an 2, par le tribunal criminel du dit département, comme distributeur de faux assignats.

HAUT-RHIN

BAFFRAY Michel, garçon cloutier, domicilié à Munster, canton de Colmar, département du Haut-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, par le tribunal criminel du département du Haut-Rhin.

BARONECK Nicolas, criblier, domicilié à Mittelmuespach, canton d'Altkirck, département du Haut-Rhin, condamné à la déportation, le 15 frimaire an 2, par le tribunal criminel du département du Haut-Rhin.

ECKERT Catherine, domiciliée à Orschoirs, département du Haut-Rhin, condamnée à la déportation, le 9 brumaire an 2, par le tribunal criminel dudit département.

HEIMGARTNER Elizabeth, domiciliée à Oricgvir, département du Haut-Rhin, condamnée à la déportation le 9 brumaire an 2, par le tribunal criminel dudit département.

KESTLER Magdeleine, cuisinière, domicilié à Nidermorschwir, département du Haut-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 22 brumaire an 2, par le tribunal criminel dudit département.

SCHANEMBOURG François, chef de légion, domicilié à Colmar, département du Haut-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, contumace, le 5 frimaire an 2, par le tribunal révolutionnaire du 2ème arrondissement de l'armée du Rhin.

UNCRER Reine, domiciliée à Orschwir, département du Haut-Rhin, condamnée à la déportation, le 9 brumaire an 2, par le tribunal criminel du dit département.

VASSEUR François Alexis, graveur, domicilié à Colmar, département du Haut-Rhin, condamné à mort le 11 prairial an 2, par le tribunal criminel dudit département comme espion, et distributeur de faux assignats.

VEIBELL Jacques, domicilié à Vettville, département du Haut-Rhin, condamné à mort comme émigré, le 16 prairial an 2, par le tribunal criminel dudit département.

VENDLING Ignace, laboueur, domiclier à Grémar, département du Haut-Rhin, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 14 frimaire an 2, par le tribunal criminel didut département.

VOSGES

ANTOINE Nicolas, ex-curé de Dompaire, y demeurant, canton de Mirecourt, département des Vosges, condamné à mort comme réfractaire le 24 Germinal an 2, par le tribunal criminel du dit département.

ARNOULD Joseph, (dit la Tempête), âgé de 28 ans, né à Hupsi, département des Vosges, soldat au 1er bataillon du 18ème régiment, ci-devant, compagnon menuisier à Mericourt, condamné à mort le 29 ventose an 2, par le tribunal révolutionnaire, de Paris, comme convaincu d'avoir tenu des propos tendants à ébranler la fidélité des soldats envers la république, et au rétablissement de la royauté.

BARTHELEMY Nicolas François, âgé de 41 ans, ex curé domicilié à Sessouges, canton de Darney, département des Vosges, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 24 vendémiaire an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris.

CANEL Joseph, perruquier, âgé de 38 ans, né à Syraucourt, département des Vosges, domicilié à Paris, département de la Seine, condamné à mort le 5 ventôse an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, pour avoir tenu publiquement des propos contre-révolutionnaires

HADOL François Maximilien, ancien curé de Genicourt, domicilié à Genicourt, département des Vosges, condamné à mort le 2 messidor an 2, tribunal criminel du département de la Meurthe, comme réfractaire à la loi.

LABRUDE Benoît, instituteur, âgé de 33 ans, né à Châtillon, département des Vosges, domicilié à Lyon, département du Rhône, condamné à mort, le 27 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire de Lyon, comme contre-révolutionnaire.

LALLEMAND F. âgé de 23 ans, né à Ligny, département des Vosges, condamné à mort le 2 thermidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris comme conspirateur.

MARÉCHAL Nicolas Antoine, domicilié à Chatel-sur-Moselle, département des Vosges, condamné à mort comme émigré, le 18 floréal an 2, par le tribunal militaire du 1er arrondissement de l'armée des Pyrénées-Occidantales.

NICOLAS Léopold, imprimeur, juré du tribunal révolutionnaire de Paris, membre de la commune, âgé de 35 ans, né à Méricourt, département des Vosges, domicilié à Paris, département de la Seine, mis hors la loi par décret de la convention nationale du 10 thermidor an 2, comme traître a la patrie exécuté le 12.

NOEL Jean Baptiste, homme de loi, âgé de 65 ans et quelque mois, né et domicilié à Aimeront, département des Vosges, député à la convention nationale par ledit département, condamné à mort, le 18 frimaire an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme complice d'une conspiration contre l'unité et l'indivisibilité de la république , et de la fraction de Brissot, Vergniaud et autre, et par suite des malheureuses journées des 31 mai, 1 et 2 juin.

RACLOT Jean Baptiste, ex curé de Thuvet, domicilié à Montigny, département de la Haute Marne, condamné à mort, comme émigré le 20 pluviôse an 2, par le tribunal criminel du département des Vosges.

SAUGEON Jean, âgé de 53 ans, né à Besançon, département du Doubs, homme de loi, se disant cultivateur, domicilié à Rhuillière, département des Vosges, condamné à mort le 7 thermidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme conspirateur et ayant dit que la République n'était pas bonne, qu'il fallait un roi.

VALLOUR Marie Isidore, capitaine au régiment des chasseurs des Vosges, domicilié à Morin-la-Montagne, département du Pas-de-Calais, condamné à mort comme émigré, le 19 messidor an 2, par le tribunal militaire de l'armée du Nord.

FRANCISCO DE GOYA Y LUCIENTES (1746-1828) retour menu

Peintre et graveur espagnol, il a dénoncé les horreurs de la Guerre Napoléonienne

DECAPÏTATIONS, DECOLLATIONS
EMPALLEMENT
SECTIONNEMENT, EVENTRATION

PENDAISON MAINS LIBRES
GARROT A VIS
GARROT EXPOSITION

LA CEINTURE DE CHASTETE retour menu

La ceinture de chasteté est généralement attachée à l’époque médiévale, ce qui en soit est incertain et relève plus de la tradition populaire. Au XIIème siècle, il est fait allusion à une ceinture posée sur le corps nu d’une femme, dans un poème de Marie de France, poétesse.

Une amante fait un noeud dans le bas de la chemise de son amoureux et ce dernier noue une ceinture autour de la taille de sa belle comme symbole de leur serment de fidélité et ils se donnent le droit d'aimer celui ou celle qui sera capable de défaire la ceinture ou la chemise sans couper ou briser le dit lien.

Chacun est certain que personne ne pourra le défaire sans l'aide de ciseaux ou de couteau à part eux et c'est comme cela qu'ils pourront se reconnaître. Nous avons donc dans cette histoire l'élément propice pour faire croire à une ceinture entravant les relations sexuelles, alors qu'il ne semble avoir rien de tel. Ceci ne semble avant tout qu’être un symbole de promesse de fidélité entre les deux amants …

Cette histoire est sans doute le lien entre la ceinture et les Croisades. L’histoire de Marie de France étant d’un siècle ou il y eut de telles expéditions. Ensuite c’est Guillaume de Machaut au XIVème siècle qui donne un même exemple de ceinture de chasteté symbolique dans son « Livre du Voir-Dit ». Puis dans un manuscrit daté de 1405 et traitant d’art militaire, écrit par Kyeser von Eichstad, le Bellifortis, nous y voyons une illustration d’une ceinture métallique servant effectivement à empêcher toute relation sexuelle.

Mais il semble plutôt que cet outil était porté, par les femmes de Florence en Italie, comme élément dissuasif contre un éventuel attaquant, soit en guerre ou en voyage. La légende de l’illustration va comme suit : « Florentinarium hoc bracile dominarium, ferreum et durum, ab antea sic reseratum. » Soit, traduit très librement :   braies de fer dur florentines qui se ferment !

L'historienne-médiéviste Régine Pernoud atteste que la ceinture de chasteté médiévale est une symbolique. Nous savons que les religieux moines et moniales font trois voeux lors de leur entrée: obéissance, pauvreté et chasteté.

Ce dernier symbolisé par la ceinture d'étoffe porté par le novice sur ses vêtements. Encore aujourd'hui la ceinture représente, en l'habit du prêtre, la chasteté et la pureté. Au Moyen âge on situait la fabrication des semences sexuelles vis à vis des reins.

Cette affirmation incitait donc les religieux à ne pas dormir sur le dos et à porter une ceinture sur leur chemise de nuit.

Ce cordon avait deux fonctions. Entraver la fabrication de semence et retenir la chemise sur le corps.

Notons aussi les quelques usages poétiques de la métaphore sur la ceinture de chasteté symbolisant la pureté et la chasteté. Donc cette ceinture symbolique aurait inspiré, au fil du temps, des gens à en fabriquer. Il est aussi intéressant de noter les travaux des historiens Felicity Riddy et James Brundage contestant l'existence et l'utilisation de cette ceinture au Moyen âge.

A la Renaissance, la ceinture de chasteté revêt un symbolisme différent.

Pierre de Bourdeilles abbé de Brantôme (1540-1614) dans son livre intitulé Les Vies des Dames Galantes nous donne l’histoire de l’arrivée des ceintures de chasteté en France. Il nous explique que du temps du roi Henri (probablement Henri II roi de 1547à 1559), il y eut un marchand qui apporta de ces ceintures à la foire de Saint-Germain.

Quelques maris jaloux en achetèrent et leurs femmes se firent faire des doubles de clés. Mais bien vite tous les gens honnêtes firent jeter les ceintures non-vendues et menacèrent le fabricant de mort s’il revenait avec ses ceintures.

Rabelais semble aussi en faire mention dans son œuvre de 1532 intitulée Horribles et Épouvantables Faits et Prouesses du très renommé Pantagruel. Encore est-il que l’usage de cette ceinture semble faire partie des horribles faits de Pantagruel ...

Nous avons aussi le squelette féminin trouvé par A.M. Pachinger, qui porte une ceinture métallique à son entre-jambe, servant indéniablement à empêcher les relations sexuelles. Cette femme aurait été enterrée entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle.

Mais comment s’utilise la ceinture de chasteté ?

Si l'on se fie à ceux qui croient à son existence avec plus de sérieux et moins de mauvaise foi, il en résulte un objet non pas maniaque, mais utile.

En effet cette ceinture aurait servit à protéger les femmes du viol, soit en cas d'urgence lors d'une prise de siège (en guerre) ou en voyage.

La femme s'en serait servit elle-même pour sa sécurité et elle n'aurait porté qu'un court laps de temps cet excellent moyen dissuasif.

Ne nions pas non plus la possibilité de l'existence de maris ou de père paranoïaque qui auraient pu l'utiliser de façon abusive et irrespectueuse qui n'aurait pas manqué de blesser la femme et de l'infecter.

Il est cependant possible de trouver au XIXème et XXème siècle des cas médicaux ou de sentence juridique qui traitent d’hommes ayant fabriqués des ceintures pour y enfermer leur femme ou leur maîtresse !

L’imagination humaine est sans limite. On peut en effet se demander s’il est possible de dater qui fût le premier à avoir l’idée de ceinturer une femme pour lui empêcher toute relation sexuelle.

Ou encore quelle femme à eut l’idée de se protéger du viol de la sorte. Les chevaliers du Moyen âge auraient mis à leurs épouses des ceintures de chasteté et elles seraient restées ainsi prisonnières pour des mois voire des années ?...

Et puis dire que l’on a mis sa ceinture de chasteté c’est peut-être qu’une image pour expliquer que l’on est en état d’abstinence.

De même qu’être entouré d’une ceinture de chasteté peut vouloir dire que l’on dégage pureté et virginité !

La ceinture de chasteté fût donc utilisée surtout aux XVIème et XVIIème siècles, sans qu’il s’agisse d’une «coutume». Avant tout comme protection contre le viol et malheureusement par quelques maris jaloux.

Aujourd’hui elle sert comme jouet sexuel, dans 500 ans, nos descendants se demanderons dans quel monde nous vivions …

Voltaire eut l'occasion d'en voir, d'en palper une bien authentique, celle-la, et solidement verrouillée autour du corps d'une de ces premières maîtresses qu'il désigne sous le nom resté mystérieux de madame de B... Ceci nous a valu le joli conte du Cadenas. L'auteur avait environ vingt ans quand il fit cette pièce adressée en 1716 à une dame pour laquelle son mari avait pris cette étrange précaution. Elle fut imprimée pour la première fois en 1724.
 

Je triomphais : l'amour était le maître,
Et je touchais à ces moments trop courts
De mon bonheur, et du vôtre peut-être :
Mais un tyran veut troubler nos beaux jours.
C'est votre époux ; geôlier sexagénaire
Il a fermé le libre sanctuaire
De vos appas ; et trompant nos désirs,
Il tient la clef du séjour des plaisirs.
Pour éclairer ce douloureux mystère,
D'un peut plus haut reprenons cette affaire.

Vous connaissez la déesse Céres :
Or, en son temps Céres eut une fille
Sembable à vous, à vos scrupules près,
Brune, piquante, honneur de la famille,
Tendre surtout, et menant à sa cour
L'aveugle enfant que l'on appelle Amour.
Un autre aveugle, hélas ! bien moins aimable,
Le triste Hymen, la traita comme vous.
Le vieux Pluton, riche autant qu'haïssable,
Dans les enfers fut son indigne époux.
Il était dieu, mais avare et jaloux :
Il fut cocu, car c’était la justice.
Pirithoüs, son fortuné rival,
Beau, jeune, adroit, complaisant, libéral
Au dieu Pluton donna le bénéfice
De cocuage. Or ne demandez pas
Comment un homme avant sa dernière heure,
Peut pénétrer dans la sombre demeure :
Cet homme aimait ; l'Amour guida ses pas,
Mais aux enfers, comme aux lieux où vous êtes.
Voyez qu'il est peu d'intrigues secrètes !
De la chaudière un traître d'espion
Vit le grand cas, et dit tout à Pluton.
Il ajouta que même, à la sourdine,
Plus d'un damné festoyait Proserpine.

Le dieu cornu dans son noir tribunal
Fit convoquer le Sénat infernal.
Il assembla les détestables âmes,
De tous ces saints dévolus aux enfers,
Qui, dès longtemps en cocuage experts,
Pendant leur vie ont tourmenté leurs femmes.
Un Florentin lui dit : " Frère et Seigneur,
(à suivre > )

( < suite )

Pour détourner la maligne influence
Dont notre Altesse a fait l'expérience,
Tuer sa femme est toujours le meilleur :
M ais, las ! seigneur : la vôtre est immortelle.
Je voudrais donc, pour votre sûreté,
Qu'un cadenas, de structure nouvelle,
Fût le garant de sa fidélité.
A la vertu par la force asservie,
Lors vos plaisirs borneront son envie ;
Plus ne sera d'amant favorisé.
Et plût aux Dieux que, quand j'étais en vie,
D'un tel secret je me fusse avisé ! "
A ce discours les damnés applaudirent,
Et sur l'airain les Parques l'écrivirent.
En ce moment, feu, enclume, fourneaux
Sont préparés aux gouffres infernaux
Tisiphoné, de ces lieux serrurière,
Au cadenas met la main la première ;
Elle l'achève, et des mains du Pluton
Proserpine reçut ce triste don.
On m'a conté qu'essayant son ouvrage,
Le cruel dieu fut ému de pitié,
Qu'avec tendresse il dit à sa moitié :
" Que je vous plains ! vous allez être sage. "

Or se secret, aux enfers inventés,
Chez les humains tôt après fut porté ;
Et depuis ce, dans Venise et dans Rome,
Il n'est pédant, bourgeois ni gentilhomme,
Qui, pour garder l'honneur à sa maison,
De cadenas n'ait sa provision.
Là, tout jaloux, sans craindre qu'on le blâme,
Tient sous la clef la vertu de sa femme.
Or votre époux, dans Rome a fréquenté :
Chez les méchants on se gâte sans peine,
Et le galant vit fort à la romaine.
Mais son trésor est-il en sûreté ?
A ses projets l'Amour sera funeste :
Ce dieu charmant sera votre vengeur ;
Car vos m'aimez ; et quand on a le coeur
De femme honnête, on a bientôt le reste :

"Voltaire"

 

SOURCES  retour menu

Dictionnaire Hachette

Dictionnaire Larousse

Dictionnaire Quid

Encyclopédie multimédia Atlas

Encyclopédie Universelle du Xxème siècle, Librairie Nationale de Paris

L’Histoire Illustrée

Historia

Andrée Laucher, Les Bourreaux dans nos régions

Claude Seignolle, les Evangiles du Diable, Editions Bouquins
Collin de Plancy , le dictionnaire Infernal, 1863
Bernard Gui, Manuel de l'Inquisition
Mounition J, Des fonctions du bourreau de l'antiquité à nos jours

l'Abbé Morellet, Abrégé du Manuel des Inquisiteurs, éditions Jérôme Millon
Henri-Charles LEA, Histoire de l'Inquisition au Moyen-Age, éditions Jérôme Millon
Antonio Gallonio, Traité des instruments du martyr et des divers modes de supplice employés par les païens contre les chrétiens de 1591, éditions Jérôme Millon

Sites Internet :

Nos chaleureux remerciements à Inquisitor le site de l’Histoire des damnés et des tortures sur : http://www.heresie.com/

Instruments de supplices                http://www.algonet.se/~giljotin/fra_mus2.html

Le site des mystères                       http://mistere.free.fr/index1.html

Magie et sorcellerie                          http://perso.pacwan.fr/mdupiat/magies/index.htm

Musée de la sorcellerie                    http://www.musee-sorcellerie.com/cadre_navigation.html

L’inquisition                                      http://www.chez.com/mick01/eglise.htm  

Contes,légendes de la sorcellerie   http://www.multimania.com/payper007/  

Procès sorcellerie en Ardennes      h            ttp://users.swing.be/MAEVRARD/torture.html  

Voltaire:oeuvres                               http://perso.wanadoo.fr/dboudin/VOLTAIRE/Labarre.htm

Musée de la torture                          http://www.croa-at.com/animat/torture

Dictionnaire philosophique              http://www.voltaire-integral.com/20/supplices.htm

Déclarations contre la torture          http://www.irct.org/instrume.htm  

La page noire du christianisme       http://www.ozone.ch/private/christianisme.htm#inquisition

Torture sous l'inquisition                  http://www.elifas.claranet.fr/Tortur.html

Tortures et instruments de mort     http://www.cecut.org.mx/GALERIA/tortura/torture.htm

Musée de la torture                          http://www.rhinecastles.com/torture-museum/

Instruments de torture                     http://www.geocities.com/SunsetStrip/Basement/9560/tdevices.html

Pays condamnant la peine de morthttp://perso.libertysurf.fr/sentencedemort/  

La peine capitale : histoire               http://voulgaropoulos.com/FR/NEW/PEINE/peine.html

Anciennes Méthodes d’Exécution   http://www.ifrance.com...rt/methoguillotine.htm