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DES LIEUX OÙ SE TROUVAIENT DES LEPROSERIES

 

La toponymie témoigne fréquemment de cette époque à laquelle furent érigés des bâtiment d’accueils pour les lépreux. Chapelles, villages, hameaux, ruisseaux ou lieux-dits portent encore aujourd’hui des noms très particuliers. Aussi, certains actes de décès évoquent le lieu d’inhumation faisant également référence à cette toponymie particulière. Ce sont les raisons de cette succincte étude.

A partir du 11ème une terrible maladie fait des ravages au sein de la population : la lèpre. Ce seraient les croisés qui auraient rapporté ce mal ont rapporté du Levant. Pourtant, cette maladie endémique ne date pas de cette période, car les romains déjà avaient rapporté différents maux de leurs campagnes … Et l’empereur Constantin 1er le Grand avait déjà fondé des léproseries dès le 4ème siècle. Mais il est exact que, en fonction des données en notre possession,  c’est après l’an mil que les épidémie furent les plus importantes, et particulièrement après les Croisades..

La fin du 11ème siècle et le début du 12ème, sont dominés par deux épidémies qui sont l'ergotisme et la lèpre.

D’abord le feu sacré, c'est-à-dire l’ergotisme, dit aussi le mal des ardents ou le feu de Saint Antoine. La maladie est provoquée par l’ergot de seigle, champignon qui se développe sur le seigle lorsqu’il est mal conservé et se caractérise par des spasmes, des contractures, et des délires, suivis rapidement de la mort. Les signes les plus visibles sont d’énormes vésicules pleines de sérosités qui poussent sous la peau, les membres sont pris de douleur puis noircissent et cassent à l’articulation, la gangrène sèche les membres.

Ensuite, la lèpre, qui est très invasive au XIIe siècle. Elle est perçue comme corruption du corps due à la corruption de l'âme selon l’église et au Moyen-Age on pense que sa transmission est sexuelle. En réalité, la maladie se transmet par les postillons, le contact d’une plaie infectées ou des objets souillés comme les vêtements et les draps. Bien que non mortelle, la lèpre a des effets très handicapants qui touchent non seulement la peau, mais aussi les yeux, le nez, parfois les organes internes et finit par l’amputation de certains membres. Au Moyen Âge, cette maladie était connue sous le nom de « mal éléphantin », car les lésions cutanées évoquaient l'aspect du derme des éléphants.

La société rejette rapidement les malades. Les léproseries (ou ladrerie, maladerie, maladière, maladredie, maladrie, malautie, malauzia, malauzaria ou malet) se développent pour accueillir les impurs. Proche des localités mais suffisamment éloignées pour ne pas inquiéter la population .Souvent, la séparation du malade avec sa famille, ses amis, se déroule selon un cérémonial, consistant à une messe suivie d’une procession vers sa nouvelle demeure. On lui attribue un logement (seul s’il a des moyens financiers), de la nourriture et parfois des vêtements.

Ces hôpitaux finissent généralement par se ressembler : une grande bâtisse, un enclos et une chapelle. Les lépreux restent laïques, même s’ils sont soumis à une règle ecclésiastique stricte : silence, chasteté, respect de la clôture … Ces établissements charitables sont la plupart du temps, fondés par des hommes d’église et dirigés par des Prieurs. La communauté de lépreux, rarement plus d’une douzaine, vit grâce aux donations, dons, aumônes, legs testamentaires et pécules des malades eux-même. Les plus pauvres devaient aller mendier pour contribuer à leur entretien

Parfois, les lépreux sont dans certaines régions, autorisés à exercer des professions dites « infamantes » : équarrisseur, fossoyeur, cordier (si les cordes servent aux pendaisons) ou encore charpentier (les planches réalisées par un lépreux doivent servir à la fabrication du cercueil d’un condamné à mort). Il fut un temps, très court, durant lequel, ils furent autorisés à revenir en ville, le jour de Pâques !

Longtemps les lépreux mendiant qui circulent à la campagne mais aussi dans les villes, ou participent aux pèlerinages. La cliquette, la clochette ou la crécelle dont se sert le malade a pour but alors d'attirer l'attention du passant pour lui demander son obole et non pour l'avertir du danger qu'il constitue. Mais à partir du 14ème siècle, lorsque la peste viendra en Occident, la crainte de la contagion par les maladies, créera une attitude nouvelle vis à vis des lépreux et autres malades : le son de la crécelle permettra de les signaler et d'éviter leur contact. Le lépreux était aussi désigné sous les appellations suivantes : ladre, malaute, lovr, méseau, mézel ou borde.

On prétendra un temps qu’un remède existait : le foie de la licorne, pulvérisé en poudre et mélangé avec du jaune d’œuf combattrait la lèpre ! Il faut savoir que ce qui, au Moyen-Age était désigné sous le nom de licorne était en fait la défense du narval, encore appelée licorne de mer, et qui était vendu très cher …

Sans savoir pourquoi, la maladie recule dès le 14ème siècle, pour quasiment disparaître au 17ème siècle. Au 15ème siècle, la société sera bien plus préoccupée par la peste ! Les léproseries sont progressivement fermées ou rattachées à des hôpitaux jusqu’au 17ème siècle. Une grande partie des bâtiments seront simplement détruits, souvent par crainte de la contamination. François 1er et Henri IV se préoccuperont beaucoup de juguler ces terribles fléaux. Louis XIV ordonnera la suppression de ces petits hôpitaux devenus inutiles par un édit en 1672.

Saint Lazare était considéré comme étant le protecteur des lépreux qui allaient prier sur son tombeau à Autun. D’aucun prétendent que le terme de « Lazaret » viendrait du nom de Lazare, qui était couvert de plaies purulentes et que Jésus ressuscite dans les Evangiles … Rappelons qu’à l’origine, on enfermait les malades que l’on croyait contagieux dans ces endroits clos que sont les « Lazarets ». Dans les langues sémitiques, Lazare = « el`azar »= « dieu assiste, sauve » et Lazaret = « meuqom haseuger » = « place fermée ». peu de rapport. En italien, « lazaro » = ladre, on se rapproche. En espagnol, « lazzeretto » qui serait un dérivé de « Nazareth ». Il faut chercher vers l’italien, car  dans le dictionnaire étymologique italien, « Dizionario Etimologico », il est dit : « Spedali per gli appestati o sospetti di pestilenza, cosi detto perche i primi spedali fondati in Italia dopo le Crociate per ricovero dei lebbrosi furono posti, come narra il Muratori, sotto il patrocinio de S. Lazzaro, il quale, secondo è scritto nel Vangelo, era pieno di ulceri. », soit : « Hôpitaux pour les pestiférés ou suspects de peste, nommés ainsi parce que les premiers hôpitaux fondés en Italie après les Croisades pour soigner les lépreux furent placés, comme le raconte le Muratori, sous le patronage de Saint  Lazare, lequel, d'après ce qui est écrit dans l'Evangile, était recouvert d'ulcères. », cette traduction étant personnelle mais exacte sur le fond.

Mais on invoquait aussi Saint Erige, Saint Ladre, Saint Thomas, Saint Roch et Saint Sébastien qui protègent aussi de la peste, même Saint Antoine que l’on invoque surtout pour guérir du « mal des ardents », l’ergotisme

Plus particulièrement dans notre région :

Chez nous, nous parlons de Leprosenhaus, Leprosumhaus, Gutehaus, Gutleuthaus, Malatzhaus, Malzenhaus, Siechenhaus, Ussatzthaus, Armenhaus, Leprosenöfe, Leprosumöfe, Guteöfe, Gutleutöfe, Malatzöfe, Malzenöfe, Siechenöfe, Ussatztöfe, Armenöfe, et de Lazarette, …

Parlant du malade : Leprosen, arme Lütt, Gutleute, Feldsiechen , Sondersiechen , Sündersiechen , Malatzigen , Ussätzige, Leprakranker, ...

Et de la maladie : Aussatz, Aussass, Kranke, Lepra, Siechtage der Malatrie, Siechtum, ...

Le dirigeant de la léproserie s’appelait Gutleutpfleger ou Gutleutschaffnere, et aussi Unterbeamter, Meister, Meisterinnin, Klingeler, Kellerinnen, …

 

Voici une liste non exhaustive des emplacements identifiés, ou des lieux pouvant laisser penser qu’il y a eu, à l’emplacement ou à proximité, une léproserie ou un hôpital accueillant des lépreux.

 

·        Altkirch : « Leprosenhaus » au « Maltzenweg » et « Maltzenackher », « Hüninger Strasse », citée en 1481 et sans doute démantelée au 17ème s.

·        Ammerschwihr : « Leprosenhaus » au « Bildstocklin » en 1578,  « Heerweg » (vers Ingersheim) en 1391, « Eselweg » sur le côté de la route de Kienzheim où il y a une croix, en 1453 sous l’appellation  « Maltzbrunn »

·        Aspach : « Leprosenhaus » au « Waldsaum », à cet endroit « Littenkapelle » en 1862, de là sont restés des noms de lieux comme Littenberg, Littenhag, Littenholz, Littenstreng, Litbrunnen, Litenacker

·        Bartenheim : « Leprosenhaus » en 1494, et une citation : « ein manwerck matten genant Maltzschopf »

·        Beblenheim : « Leprosenhaus » au « Leegbach » à la limite du ban de Zellenberg, citation de « Gutleuthausackher », au milieu du 18ème s.

·        Bergheim : « Leprosenhaus » entre 1300 et 1577, citée vers Guemar au « Malzerpfad »

·        Bettendorf : un lieu nommé « Littental »

·        Blotzheim : « Ussatzhus », vers la gare, près de l’église basse, dès 1273, aussi « Maladzhus », plus de trace après le 13ème s.

·        Brunstatt : un lieu nommé « in der Litten »

·        Buhl : un lieu nommé « an der Litten » en 1453 et au 18ème s.

·        Buetwiller : un lieu nommé « in der Litten » en 1421 et en 1629

·        Cernay : « Leprosenhaus » sans doute déjà en 1277. On relève des noms de lieux tels : « Gutleut-Matten » le long de la Thur, « Guthauss » dans le terrie, ou des localisations comme « an der Lütten », « an der Lytten », « Leuten » et « Lithenweg », encore au 16ème s.

·        Colmar : « Leprosenhaus » au coin de la « Gutleutstrasse », au bout de la route de Brisach, dès 1290, « Malatzhus » en 1371, un plan du 16ème s. situe encore le lieu et au 17ème s., il est encore question de « Pfleger und Schaffner dieses Gutleuthauses »

·        Didenheim : « Leprosenhaus » vers Niedermorschwiller, sur les plans du 18ème s., « Gutenhaüszlen » et Guthüslen »

·        Durlinsdorf : un lieu nommé « Littiger » en 1567 et « Malzlinden » en 1588

·        Durmenach : un lieu nommé « Malzenbrünlein an der Ill » au 18ème s.

·        Eguisheim : « Leprosenhaus » au centre, « uff dem Maltzbach », aussi « Maltzrot », dès 1433 et encore en 1547, « Malzbacheracker » ou « Malzbach » sont des cours d’eau qui se jettent dans la Lauch

·        Ensisheim : « Leprosenhaus » sur la route de Soultz, à proximité de la Thur, près de « Malzengraben » en 1583

·        Flaxlanden : un lieu nommé « Litten »

·        Folgensbourg : « Leprosenhaus »  au nord-ouest du village, citée dès le 14ème s. Au 18ème s., il y avait encore le « Malzbaum ». Le lieu dit « Spittelfeld » doit sans doute son nom à la léproserie.

·        Friesen : « Leprosenhaus » sans doute, du fait du lieu « Malazacker » cité en 1762

·        Guebwiller : « Leprosenhaus » en limite du ban de Bergholtz, à côté de la chapelle dédiée à Marie

·        Guémar : « Leprosenhaus » en limite du ban d’Ostheim, du lieu « Gutthausenmatt » cité au 18ème s.

·        Gunsbach : un lieu nommé « Litten » en 1456

·        Hattstatt : « Leprosenhaus » « nebent dem Herwege », citée dès 1305 comme « Malatzhus »

·        Heimsbrunn : « Leprosenhaus » sur les terres des Ostein, citée encore 1661

·        Henflingen : « Guthhislenmatten »

·        Herrlisheim : « Leprosenhaus » en limite du ban de Hattstatt et la route de Colmar, « Verzeichnis von Güter », « Gütleuthhause gehörend » en 1647

·        Illzach : un lieu nommé « Malzacker » en 1((« , 1682 et 1725

·        Issenheim :  « Leprosenhaus » dans le vignoble … Connue dès 1296 et encore citée en 1543

·        Kaysersberg : « Leprosenhaus » devant la « Oberthor », il est question d’un « Gutleutmann » au milieu du 17ème s. . Entre 1659 et 1669, le bâtiment est agrandi, puis démoli en 1677

·        Liebsdorf : un lieu nommé « Malzlinden » en 1588

·        Liepvre : « Leprosenhaus » nommée « Malzenhus » en 1435, et vers 1629 « maison de la bonne maladrie », située entre « Ortschaft » et « Hof Mollenbach »

·        Lucelle : « Leprosenhaus » non loin de l’abbaye, il est question d’un « Siechenmeister » en 1559 et de taxes sur le même lieu

·        Lutterbach : un lieu nommé « Guthusermatten »

·        Masevaux : « Leprosenhaus » à l’emplacement où la route de Bourbach le Haut rejoint celle de Masevaux. Le bâtiment existe encore en 1731, un impôt est toujours versé en 1756. Une croix marquant l’emplacement disparaît lors de la construction de la voie ferrée

·        Mulhouse : « Leprosenhaus » près de la porte de Bâle, au sud de l’ancienne « Gutleutstrasse ». Il s’agit d’un ancien hôpital avec une chapelle dédiée à Sainte Catherine, construite en 1332

·        Muespach le Haut : « Leprosenhaus » évoquée par les appellations « Siechenhaus » ou Gutleutengarten »

·        Munster : « Leprosenhaus » et chapelle au lieu dit « im Heydenbach », sur le côté gauche de la route de Gunsbach, . On cite « Malzacker » en 1456, et « Zinse und Pfennige » du « Siechenhauses » en 1509

·        Niederhergheim : un lieu nommé « Malzacker » en 1516

·        Niedermorschwihr : un lieu nommé « Malstal »

·        Niedermorschwiller : « Leprosenhaus » nommée « Guottehaus » en 1548, située au lieu dit « Egelweiher ». Sur la route de Heimsbrunn, il est question de « Maltzbruch » entre 1537 et 1650

·        Oberlarg : « Leprosenhaus » en direction de Luffendorf au « Malzenbrunnen »

·        Pfaffenheim : un lieu nommé « Malzenbrücklein » en 1489

·        Ribeauvillé : « Leprosenhaus » en direction de Guemar, existence confirmée par les titres et rentes de 1490 et 1498. Après plusieurs incidents causés par des malades, les bâtiments furent démolis au milieu du 18ème s. On note également la mention de « Gutleuthausmatten »

·        Riquewihr : « Leprosenhaus » construite vers le milieu du 16ème s., facture concernant le lieu datée de 1559, et encore mentionnée en 1703

·        Rixheim : « Leprosenhaus » sans doute sur le « Litterigweg ». Mention de cet hôpital en 1544

·        Rodern : un lieu nommé « Litten » en 1328

·        Rouffach : « Leprosenhaus » près de la localité disparue de Sundheim, en direction de Gundolsheim, avec une chapelle dédiée à Sainte Odile, existante encore au milieu du 18ème s. . La plus ancienne mention date de 1250 et jusqu’en 1373, dans le « Seelbuch ». Une représentation de l’hôpital existe encore en 1548 sur un plan de la ville, et mention est aussi faite sur des documents de 1592 de « Guetleuthausz »

·        Ruelisheim : un lieu nommé « hintere und vordere Litteren »

·        Sainte Croix en Plaine : « Leprosenhaus » située « am Maltzenweg », sur l’ancien chemin de Colmar, plus tard, au lieu dit « Tiergarten », et encore en 1721. Aux 15ème et 16ème s., on parle de : « Guttenhusz, Guttlütthusz, Maltzhusz, Guotleithaus, Guotten leutthaus »

·        Saint Hippolyte : « Leprosenhaus » désignée en 1522 sous le nom de « gutluthus »

·        Sainte Marie aux Mines : « Leprosenhaus » qui aurait existé sous le nom de « maladrie »

·        Schlierbach : « Leprosenhaus » en direction de Geispitzen, sans doute à l’emplacement du « Malzengarten » et du « Maltzengartengraben ». Il y avait encore des lépreux en 1565. Selon la tradition orale, à l’origine, la léproserie aurait été un château …

·        Sewen : un lieu nommé « Littenmattenwald » en 1567

·        Sigolsheim : « Leprosenhaus » située à environ 1 ½ km du centre du village, sur l’ancienne route romaine, non loin du chemin communal de Bennwihr, à l’emplacement ou se trouvait un calvaire. Là se trouve un lieu appelé « Litt-Bückel ». Entre le 14ème et le 17ème s. il était question de « die Lite », de « Malotzacker » ou de « Malzburn ». Au 18ème s., il y aurait encore eu des restes des fondations des murs des bâtiments

·        Soultz : « Leprosenhaus » sur la route vers Guebwiller, à l’emplacement de l’hôpital, mentionné en 1272 sous le nom « lita »

·        Soultzmatt : « Leprosenhaus » entre le village et Westhalten, mentionnée déjà milieu du 15ème s. « Siechhuss » ou « Gute Hausz ». Au 18ème s. un endroit s’appelait encore « Gutleuthacker »

·        Spechbach le Haut : un lieu nommé « Malzhag » en 1421

·        Steinbach près Cernay : un lieu nommé « Litten »

·        Steinbrun le Haut : un lieu nommé « Litten » au 18ème s.

·        Tagsdorf : un lieu nommé « Littental »

·        Thann : « Leprosenhaus » sur la  route en direction de Aspach le Haut, non loin du lieu dit « Steinrunz ». L’institution daterait du début du 15ème s. Après démolition de l’église au 18ème s., l’autel et un élément de fenêtre furent récupérés pour l’église de l’hôpital de la ville.

·        Türckheim : « Leprosenhaus » sans doute à proximité de la chapelle Saint Symphorien et sera détruite fin du 17ème s.

·        Uffholz : « Leprosenhaus » dénommée « gute Hus »

·        Vieux Ferrette : « Leprosenhaus » et « Maladshusz » citée en 1363

·        Walbach : « Leprosenhaus » citée sous « Littstück » ou « Oststück », le long de la Fecht, entre le village et Zimmerbach. Dans un terrier ancien, il est mentionné « Guthleuthhausz »

·        Werentzhouse : un lieu nommé « Malzacker » en 1460 et en 1567

·        Wettolsheim : un lieu nommé « Litten » en 1475 et en 1488

·        Wihr au Val : « Leprosenhaus » appellée « Saint Jean »ou « Gutliten », sans doute située entre le village et Walbach, près de l’ancienne chapelle Saint Jean

·        Wintzenheim : un lieu nommé « Malzbachgässlein »

·        Wuenheim : un lieu nommé « Littmatten »

·        Zimmersheim : un lieu nommé « Litten » en 1441

 

Sources :

Joseph LEVY - Die Leprosen oder Gutleuthäuser im Oberelsass - 1921
Françoise Bériac - Histoire des lépreux au Moyen Age - 1988
Arlette LAFAY - Le statut du malade XVIe-XXe siècles : Approches anthropologiques -  1991
Michel ZINK - Le ladre, de l'exil au Royaume – 1978
N. BERIOU et F.-O. TOUATI - Voluntae Dei lesprosus. Les Lépreux entre conversion et exclusion aux XIIè et XIIIè siècles - 1991.
F.-O. TOUATI - Lèpre, lépreux et léproseries dans la province ecclésiastique de Sens - 1992.
http://www.culture.gouv.fr/culture/medieval/francais/vrsai4.htm
http://apothicairerie-medievale.over-blog.com/article-11196400.html
http://www.jesuites.com/histoire/nadal/images/026leper.gif
http://www.dreyeckland.com/villages-et-villes/Sundgau/aspach

 

Inscription latine

Chapelle Saint-Érige, Auron (06) - Cette légende explicative latine est placée au-dessus du panneau, à l'intérieur de la bande blanche qui le sépare du registre supérieur. On peut y lire : S. ARIGIUS TRES VIROS ELEFANTINOS SANAVIT. Ce qui signifie « Saint Érige guérit les lépreux ».

Dans cette inscription on peut noter le mot « elefantinos » qui dérive du grec « elephantiasis », appellation ancienne de la lèpre..

Saint Erige guérit les lépreux - visage d'un lépreux -

Chapelle Saint-Érige, Auron (06) – Abside de droite, registre inférieur - Saint Érige guérit les lépreux -
Le visage du lépreux coiffé d'un bonnet montre les plaies et les lésions maculaires rouges caractéristiques de la maladie

 

 

Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Se tenant à distance, ils élevèrent la voix, et dirent: Jésus, maître, aie pitié de nous! Dès qu’il les eut vus, il leur dit: Allez vous montrer aux sacrificateurs. Et, pendant qu’ils y allaient, il arriva qu’ils furent guéris. (Evangiles - Luc 17 : 12-15)

 

Zoom !

 

La guérison d’un lépreux - Les images évangéliques de Jérôme Nadal pour apprendre à contempler  (Evangelicae Historiae Imagines Anvers 1594)

Chapelle Saint-Érige, Auron (06) – Abside de droite, registre inférieur - Vue d'ensemble : Saint Érige guérit les lépreux - Au cours d'une épidémie de lèpre, dans la région, saint Érige fut amené à recueillir chez lui trois malades qu'il renvoya guéris le Jeudi Saint après lavement des pieds.

Chapelle Saint-Érige, Auron (06) – Niche centrale : Vue d'ensemble de la console de gauche – Saint- Lazare

La Chapelle de la Liten, à Aspach. Erigée en 1862, elle rappelle l’existence d’un refuge pour malades de la lèpre. Le pèlerinage de Notre-Dame-de-la-Litten a lieu le 1er dimanche du mois d’octobre à la chapelle de l'ancienne léproserie.